Mercredi 19 novembre 2008






Les voyages forment la jeunesse, je te le dis mon gars. Moi par exemple - ouais je sais on parle beaucoup de moi ici, je devrais eriger une statue a mon image ca irait plus vite - je suis partie en Hollande il y a presque 4 mois . Oh ne crois pas que je sois une voyageuse dans l'ame, moi d'habitude l'aventure je la pratique sur canape parisien avec bouteille de soda, petard et amis a proximité, mais pas trop souvent, sinon il y a trop de bruit et ca m'empeche de me concentrer sur le docteur House. Des fois il m'arrive meme de monter dans un bus pour me rendre dans un bar du voisinage ou je bois une certaine quantite d'alcool et entre en interraction avec mes amis les humains. Tous les elements de ma derniere phrase sont liés entre eux. Ensuite je rampe jusque chez moi et continue l'interraction avec les choses qui m'entourent, le carrelage de ma salle de bain par exemple. 
Puis un jour j'ai débarqué ici. Dans cet espece de pays diabolique et les choses n'ont pas vraiment changes. Pas en apparence en tous cas. Le canape est reste mon meilleur ami, le petard, le soda et le docteur house aussi. Les copains ont continué de parler Francais et ma vie a continué de ressembler a un mauvais remake des feux de l'amour version emo trash avec moi qui pleurniche a la fin.
J'aimerais te parler de musees, de culture linguistique et d'architecture Batave je te parlerai plutot du cargot qui stationne derriere centraal sur lequel on passe un son trance techno qui rend totalement hysterique. Je te parlerai de la montee, du son qui se diffuse jusqu'a te traverser toute entiere.
Je te raconterai aussi les heures de descente entre chien et loup, ou la piece est plongée dans l'obscurite totale quand au dehors le jour s'étend. Je te decrirai les heures sans sommeil a deambuler d'un canape a l'autre en passant par le bus 62 ( Amstelstation / Lelylaan) avec détour sur le matelas pneumatique avec vue sur la voie lactée.
Je t'expliquerai le premier coffee avec le male. Je te decrirais son sourire, tu verras que ca te plaira, et qu'il sera recurent ce sourire la. Je te decrirais l'ambiance college, les blagues, les mini robes et les talons.  Grace a moi tu sauras tout sur les trains de banlieu, les balcons et le jambon en boite. Je t'apprendrai a faire des paninis rapidos avec une pita un toasteur et de la mozzarella. Je te ferai boire des litres de soupe au champignon, au poulet, a l'asperge. On boira aussi du jus de poire de chez Liddl et tu t'inscriras sur le groupe Facebook correspondant. Niveau spécialités culinaires on se rappellera aussi du pauvre gateau au chocolat dont on a beaucoup parlé et qui a mis un long moment a voir le jour avant de disparaitre prématurément a la station Lelylan.  
On se rappellera avec un sourire emu d'Alex decouvrant le joint préroulé. Je te ferai ma super imitation de l'accent Lillois et aussi de celui Nicois. Je te chanterai du booba et tu adoreras ca. On ecoutera quelques sons. Je te raconterai aussi comment Boby a gagné la bataille. Je t'expliquerai pourquoi c'est un peu a cause de ça qu'on est mort pour l'exemple apres avoir fait les debilitants pendant trois mois. Qu'il a fallu dégager de nos piaules si confortables pour aller squatter un canapé au septieme étage d'une barre d'immeuble ou "wkd starts here." Je te raconterai les entretiens en Anglais. Je te dirai que j'ai envie de rester ici meme si je ne sais pas du tout pourquoi. Je te parlerai des gens torrides, de ceux qui sont droles, de l'ascenseur et du gars de la maintenance. Y aura aussi une évocation succinte de la bise qui ripe, des parties de poker et de la coiffure du diable, inventée spécialement pour te détruire. Je t'expliquerai deux trois trucs que je sais a propos des croyances d'autruie et des relations meres fils. Je t'expliquerai aussi le fonctionnement de la voiture mauricienne, du GPS pourri, de la maniere dont on s'est perdu et le nombre de fois que c'est arrive.
Je te raconterai encore des tas de trucs, de détails, de moments qui n'auront rien a voir avec les musees et les tulipes mais qui feront quand meme une armada de souvenirs a ressortir plus tard a mes petits enfants quand ils me demanderont si "Quand t'étais jeune ça existait encore les dinosaures mamy?". Non mais la Marijuana si!
Par Shloe - Publié dans : Holland, Amsterdam, lalalalala - Communauté : communauté de l'âne Ô
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 7 novembre 2008

Apres un long mois et demi d'absence, ou je me suis jetee a corps perdu dans la finalisation de mon ouvrage - Oui je sais cette phrase est ultra classe et fait tres artiste torturee qui s'attele a sa tache avec passion ( Oui ca manque d'accent, mais mon clavier est Americain. Oui comme Obama, mais nous parlerons de tout ca un peu plus tard)- je reviens vers le Freelandz et son CSS merdique (Plus pour longtemps j'espere, m'enfin ca fait des mois que je dis ca.) pour publier une petite nouvelle que j'ai ecris recemment mais qui, pour etre totalement transparente, vraie et sincere avec ceux qui auront le courage de me lire, avait deja ete redigee par je moi meme quelques annees auparavant au sein d'un plus gros bouquin.
La nouvelle etant assez longue elle est divisee en plusieurs articles.
Bonne lecture!!!!

Gaspard n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour comprendre que le moment qui allait suivre allait s’averer pénible:

“- Tiens il se reveille Frankie!

-Putain j’arrive pas a croire que ca ait liquide Aldie . Si c’est pas de la provoc je m’y connais pas.

- Ca a quel âge a ton avis?

- C’est pas bien vieux, ca sort a peine des jupes de sa mère.

- Dommage qu’il en ai plus…

- Ahah!

- Débats toi tant que tu veux, on t’as bien attaché t’inquiètes pas.

-T’as quel age gamin? – Gaspard resta muet. -

- Et oh! On t’a posé une question! – Pas un mot.-

- Quand Frankie pause une question, on répond!

- On t’a demandé quel age t’avais!

- …

- Il est con ou quoi… Mais regarde moi ce petit trou du cul comme ça fait son malin!

- Peut être qu’il parle pas notre langue.

- Oh que si! Il me comprend tres bien. Hein que tu comprends petit batard? Ca veut juste se foutre de ma gueule. On se fout pas de la gueule de Frankie c’est moi qui te le dis – Gaspard etouffa un glapissement de douleur quand le dénommé Frankie lui décocha un coup dans les côtes. - Je vais y apprendre a parler notre langue moi, tu vas voir!”

 Oh oui, la suite allait s’avérer extrêmement penible.

Il s’obstina dans un mutisme qu’on aurait pu qualifier de suicidaire, mais qui selon lui relevait surtout du bon sens.

Il n’allait pas suffir d’un “Salut! Je m’appelle Gaspard et j’ai 21 ans. Dites vous me laissez partir maintenant?” pour qu’on lui défasse ses liens et qu’on le conduise a la porte en lui souhaitant bien du plaisir.

Ca les démangeait a tous depuis trop longtemps, ils trépignaient d’impatience. Un mot plus haut que l’autre et la premiere raclée partirait.

Il ne leur donnerait pas ce plaisir et attendrait patiemment, les paupieres closes, pour ne pas voir leurs visages railleurs.

Au deuxieme coup, pile dans les reins, s’ensuivit un troisieme dans le dos, puis un quatrieme toujours dans le dos.

Gaspard etait affalé à terre et ses liens ne lui permettaient aucun mouvement de repli, juste se rouler en boule et subir.

La fréquende ces coups s’intensifia tres vite et il n’eut bientot plus une seconde de repit entre les roustes qui s’abattaient. Dans les côtes, le dos, les jambes et les bras.

Le gout du sang baignait sa bouche.

“ - Ah ca! Tu fais moins le malin maintenant! Ouvre les yeux petite ordure, je veux te voir chialer. – Gaspard essaya de sourire, pour provoquer encore cet imbecile qui n’allait pas supporter qu’on lui tienne tête et qui allait bientot devenir ultra violent. Peu importe, le rictus sur le visage plein d’echymose du jeune homme fit son effet. Frankie poussa un râle furieux et se remit a frapper de plus belle en proférant des injures. Il avait trouvé son leitmotiv, des supplications et des pleurs, il s’y tiendrait et tapperait jusqu’a les obtenirs.

Il refusait d’obtempérer. Ca n’etait que bêtise mêlée de prétention, mais il ne supplierait pas. Frankie pouvait cogner tout ce qu’il savait, Gaspard s’était engage dans un bras de fer mental dont il ressortirait vainqueur. Tout a l’heure quelqu’un viendrait pour l’emmener en prison, où on le tuerait surement, mais pour l’instant il était encore en vie, son sang frappait plus fort que jamais contre ses temples, ses muscles étaient a vif et chaque parcelle de sa peau hurlait la douleur.

Chacune des sensations provoquées par les coups le confortait un peu plus dans son état de conscience intolérable et salvateur a la fois. Tant qu’il resterait tassé dans ce coin, les yeux clos et les lèvres muettes il conserverait un semblant de liberte et de distance.

A présent Frankie pleurait  presque de frustration. Bientot, il jetterait l’eponge, mais avant ca il allait doubler de hargne et finir par une apotheose barbare que le jeune homme allait sentir passer.

Le coup a la machoire surprit Gaspard par sa violence et quelque chose eclata dans sa bouche.

Il visualisa une plage, grande et blanche comme celle que l’on trouve a l’est.

Au loin la mer s’étendait à perte de vue immensement bleue et vierge de toute vie humaine, rien d’autre que du bleu et du blanc, pas la moindre trace de pas sur ce sable pur.

Gaspard essaya de s’imaginer le soleil, un peu plus grand et brillant qu’il ne l’était en réalite.

De l’autre côté de cet océan paisible, il se figura des territoires inconnus où vivaient peut être des gens. Peut être même que ces gens menaient une existence agreeable et tranquille sur des terres fertiles et inondées de lumiere qui contrastait parfaitement avec cette nuit douloureuse retranchée derriere ces paupieres clauses.

Gaspard sentit un autre coup sur son thorax, qui lui fêla quelque chose qu’il ne chercha pas a identifier, il ne voulait pas savoir combien de côtes, de cartilages et de dents Frankie et son acolyte lui avait deja brisé.

S’il comptait il serait perdu, beaucoup trop ancré dans ces instants où son esprit n’etait pas le bienvenue.

La mer, le sable et un eventuel souffle de vent qui soulevait quelques mêches de cheveux. Il était seul, a peine vêtu, debout face a l’horizon, les pieds ensevelis.

Un cliquetis metallique brisa d’un coup ce silence appaisant.

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 novembre 2008

 “- Ah bas tu vois que tu sais les ouvrir tes jolis petits yeux!

- Frankie… - Murmura Jo qui s’etait soudain fait tout petit et tres pale.-

-  Je t’avais dit qu’il arreterait de jouer au malin.

-  Ouais mais la Frankie, quand meme… -Gaspard ne disait toujours rien mais ses yeux grands ouverts fixaient l’arme, il semblait surprit, il avait pensé qu’on ne le tuerait pas tout de suite, et pour d’extravagantes raisons il s’était même persuadé qu’il faudrait de longues semaines de jugement avant qu’on ne le condamne a la peine de mort. Longues semaines pendant lesquelles il aurait pu leur faire entendre raison sur les atrocites de la guerre et la nécessité de cesser immediatement de tuer des innocents. Ou du moins longues semaines durant lesquelles il aurait pu trouver un moyen de s’échapper, ou, rêver a un moyen de s’echapper. Ou… n’importe quoi, juste un petit sursis, peut être pour reflechir encore un peu, faire le point, des choses comme ca.

Et rien du tout. Qu’une exécution sommaire dans une pièce crade, froide et puante. N’était il pas le heros? Ou l’ennemi publique numéro un? N’y avait il pas pour ces gens là un traitement de faveur?  Frankie – Un homme petit, rablé, soufflant comme un boeuf que gaspard s’interdisait de devisager - le tenait en joue avec un énorme fusil à baillonnette et la, tout de suite, maintenant semblait prendre un pied monstrueux. L’orgasme atteindrait son apogée la seconde précédent la detonnation. Ensuite il y aurait du sang, des lambeaux de chairs éparpillés dans la pièce et la pression retomberait doucement autour de Frankie qui cesserait peu a peu de bander.

Mais Gaspard était encore bien vivant, c’etait d’ailleurs atrocement douloureux d’être aussi vivant quand on était aussi amoché. Il n’empêche qu’il sentait encore battre son coeur, fort a l’interieur, pour encore quelques secondes, qu’ensuite ce serait terminé et qu’il n’aurait durant son passage éclair dans ce monde de merde rien fait d’autre que de souffrir, prendre des claques et en redistribuer.

Cette ébauche d’existence n’avait pas ete pleinement satisfaisante et il se surprit a en vouloir encore. Désesperement.

Il loucha sur le canon en joue contre sa tempe. Il était a terre, en position foetale, et Frankie riait. Il riait comme un dément. Il riait d’un rire rauque et enchanté, faisant mine de foutre encore des coups de pieds dans cette pauvre carcasse frémissante.

Des onomatopées enfantines d’explosions et de coups de feu fusaient d’entre ses levres.

A chaque mouvement de Frankie, Gaspard tremblait encore un peu. Il essayait de ramper pour éviter le canon et le dévier de quelques centimeters. Ses faibles mouvements épars semblaient augmenter un peu plus l’hillarite de Frankie qui n’allait pas tarder a ejaculer.

“-  Ah ah! Tu veux t’echapper? Regarde Jo il veut s’echapper – Jo ne disait rien, il regardait ses pieds en attendant que ça passe. Lui aussi revait d’une plage blanche  seulement bercée par le bruissement des vagues. Un endroit loin d’ici, de cette pluie dégueulasse qui tombait depuis des jours, loin de cette nuit froide et opaque, loin de cette pièce où un gamin se faisait ramasser depuis des heures par ce connard de Frankie, et loin de ce fusil qui allait leur attirer encore d’autres problemes.

“ – Comme ca me regarde avec ses grands yeux ! Oh ça fait moins le malin tout a coup. Tout a coup on regarde Frankie hein!? BOUM – Hurla-t-il tout a coup. Un sursaut transperca Gaspard qui trembla de plus belle, des larmes roulerent. Ca allait plaire a Frankie.

“ - Ah ah! Regarde Jo, il chiale cette petite ordure, je savais que c’était pas vraiment un homme au fond. Ah ah… T’as peur? He! T’as peur de mon fusil? Il a raison d’avoir peur, hein Jo? – Jo hocha la tête. Oui il avait raison d’avoir la trouille ce môme.- Regarde je te l’enfonce dans la tempe, ou si je veux dans la joue… Apres j’appuie bien avec ma baillonnette. A moins que je tire avant… Mon chef va être tellement content qu’on t’ai coincé. T’es mon augmentation. – Gaspard sentait le fer glacé du canon glisser lentement le long de son visage, il couinait doucement, ses larmes se mêlaient au sang qui coulait de son nez. – Baillonette ou fusil?- s’amusa Frankie. Gaspard ne répondit pas, il essayait de retrouver le calme et le noir mais son regard restait fige au fusil, presque fasciné. Combien de gens etaient morts de cette facon sommaire? Des millions et des millions. C’etait d’un commun, surtout chez eux. Peut être, mais il etait héros nationale, ennemi publique numero un et sa mort ne devait pas etre commune. N’est ce pas? Pas ici, pas dans cette piece, pas de la main de ce type laid et complêtement fêlé.

Frankie choisit le cou pour y enfoncer le canon si profondement que Gaspard eu le souffle coupe. La panique l’envahit soudain, elle surgit sans prevenir, il fut tout a coup incapable de reflechir, de se figurer un ailleurs ou se refugier mentalement.

Il n’y avait plus que ce fusil pointé sur lui, et cette grosse main rouge qui d’une seconde a l’autre pouvait décider d’appuyer sur la détente. Il n’y avait plus que l’image fulgurante de son crane explosé. Il n’y avait plus que son coeur qui battait a tout rompre en dedans. L’odeur de la mort emplissait ses narines. C’etait inéluctable, Gaspard savait que plus rien ne pourrait changer quoi que ce soit, il était bien trop tard à présent et la seule chose a faire était d’attendre que ca se passe.

Il n’était pas vraiment un hero national alors, les heros national n’avaient jamais peur et acceptaient dignement leur destin. Lui se contentait de convulser de terreur en couinant sur son bout de plancher.

“-S’il vous plait… - Pour la premiere fois on entendit sa voix, a peine audible, rauque et suffocante. Frankie sourit grand et Jo parut soulage. –

-Tu veux pas que je t’explose au fusil hein? – Gaspard lanca un autre regard suppliant.- Je veux que tu m’implores, je veux te voir ramper.

- Tout ce que vous voulez.

-C’est ca que je veux. Que tu me supplie…

- Je vous en supplie… Je… - le canon etait toujours fermement incruste dans son cou.- je peux plus respirer… s’il vous plait… enlevez …le…

- ca manque de conviction… - Gaspardavait l’air éperdu, son regard devenait flou et durant une seconde il se demanda s’il n’allait pas crever de lui meme, sans aide exterieure.-

- Il… il…a l’air sincère… - Murmura Jo interdit, le gamin avait l’air dans un sale etat, ils l’avaient tellement tabassé qu’il n’etait meme pas sur qu’il survive a ses blessures, et ça déjà ça allait etre difficile a justifier… Alors un trou dans le crane… c’était le bagne obligatoire.-

- C’est pas suffisant, ca fait trois heures que ce petit fils de pute m’humilie…

- Regarde le, il est moitié mort et pourtant il chiale comme un gosse, t’inquiète que c’est suffisant. – Gaspard ne respirait toujours pas, le fusil restait braqué sur lui et le ton de Franke n’indiquait pas qu’il se soit calmé. -

-Non, non c’est pas suffisant…  Je veux qu’il rampe a mes pieds.

- Mais il ne peut pas ramper Frankie, regarde l’etat dans lequel il est… - Frankie hocha la tête comme pour approuver Jo, puis lacha un soupir agacé avant d’enclancher la détente en entendant le cliquetis metalique qui indiquait que la balle allait partir, Gaspard perdit connaissance, Frankie profera un bruit censé imiter l’explosion et montra le cran de écurite à Jo qui n’était pas beaucoup plus vif que Gaspard.

Il regarda le corps moitié inconscient à terre et y fil un coup de crosse dans le flanc pour le réanimer. Gaspard ouvrit deux fentes humides et réalisa que même s’il n’était pas encore mort, l’arme etait toujours pointée sur lui. Frankie hurla de rire:

 

- Oh si Jo, regarde moi ca… c’est coriace ces bestioles la. Il va savoir ramper. Rampe.”

 

Et Gaspard rampa.

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 novembre 2008

Gaspard ouvrit les yeux a nouveaux. Ne s’etaient ecoulees que quelques minutes. Un répit ridicule avant d’affronter la suite, qui a coup sur serait terrible. Il ne mourait pas ce soir dans cette piece car Frankie avait eu pitié de lui et on deciderait de son sort plus tard en hautes instances.

Il savait que plus tard  il y aurait d’autres geolier qui se feraient un plaisir de lui casser la figure, plus tous les prisonniers des prisons où il serait transferé, ainsi que beaucoup de flics. Ca en faisait du monde.  Un pays tout entier rêvait de sa tête au bout d’une lance, Mais pour l’instant il était encore en vie.

Dans la pièce d’à cote les deux gardes discutaient vivement sans se soucier de lui. Ils le croyaient inconscient et de toutes manieres que trop superficiellement instruit sur les subtilites de leur langage, en particulier de leur argo. Erreur. Gaspard parlait sans accent les quatres langues de Raspail et n’avait d’ailleurs pas prononcé un seul mot dans sa langue maternelle depuis plus d’un an.

“- Je vais le chouchouter et y filer à bouffer et à boire. Au besoin j’y prête mon pieu. Après ça je te l’ai dans la poche et y fermera sa gueule.

- Tu sais ce qu’on risqué, tout ca pour ton fusil a la con?

-Ecoute Jo, je t’ai déja dit que j’étais desole mais il m’a provoqué, comme il a provoqué ton pays entier. On pouvait pas laisser passer ça. J’ai un peu perdu la boule…

- Ouais mais t’allais le tuer Frankie, tu t’en rends compte de ca?

-Mais rien du tout! Il etait pas chargé le fusil – Gaspard tressauta- Je voulais y foutre les jetons a cette petite merde. J’voulais qu’y pisse dans son froc.

-A blanc le fusil, tu dis?

- Pour sure, je suis con mais pas fou.

-Tu me rassures.

- Ca joue les coriaces mais t’as vu j’y ai fait se pisser dessus! Ca fait son grand mais que dalle!

-Quand même Frankie!

- Ouais je sais. Mais je suis le sel et le sucre, virage a 180 degrés, va rien y comprendre le môme. Il va croire que je suis son meilleur copain. Avec un peu de chance l’ai tellement con qu’il a déja oublie les baffes.”

 

Gaspard baissa les yeux et regarda longuement ses bras bleutes par les coups.

Puis il respira profondemment. La panique avait cédé sa place a la colère qui elle même s’effaçait doucement, laissant une haine sourde s’insinuer par tous les pores de sa peau.

Les deux heures qui suivirent ne furent que fantasmes ultra violent, où Gaspard lutta contre la douleur insupportable laissée par les coups en s’évadant mentalement dans un monde ou  il  était libre de ses mouvements et armé d’une hache avec laquelle il faisait subir les pires horreurs a Frankie et tous ses pairs. Gaspard souffrait de moins en moins a mesure que defilaient dans sa tête les images sanglantes.

 

Il entendit la porte claquer, et des pas résonnèrent au dehors. Il n’en restait qu’un et Gaspard esperait qu’il s’agissait de Frankie, parce que ce serait le plus facile a avoir.

Effectivement, Frankie rentra dans la piece pour aller voir comment Gaspard se portait. Jo avait eu pour mission d’aller prevenir lui meme les autorites de la ville la plus proche, à 4 heures de routes de la.

“- Allez petit! On se reveille! Je t’ai prepare une bonne soupe. Allez reveille toi!

Frankie s’approcha du corps inerte et se pencha pour le secouer, il palît legerement en realisant que Gaspard ne bougeait pas et respirait a peine. – Allez pas de blagues… Reveille toi! Il secoua le jeune homme qui couina un peu sans pour autant sortir de sa torpeur. Frankie paniqua vite, si Gaspard mourait , il allait passer un sale quart d’heure. Les chefs avaient ete formels, ils le voulaient vivant, pour pouvoir le torturer et surtout le tuer eux meme. Il ne fallait pas contredire les hauts places ou bien gare!

Et voila que ce connard de mome menacait de claquer. Gaspard toussa et tourna mollement la tete pour cracher du sang.

- Petit! Petit! Oh merde! – Il hissa le corps sur ses epaules et le transporta dans une piece plus eclairee qui devait faire office de chambre puisqu’elle etait meublee d’une commode et d’un lit. Les bras de Gaspard etaient agites de tremblement et Frankie defit ses liens pour pouvoir mieux inspecter le corps et voir ce qui n’allait pas.

Il chercha son poul qui etait extrement faible, a moins qu’au contraire il ne soit anormalement rapide: Frankie n’y connaissait rien en rythme cardiaque et bien qu’il entendit quelques battement, il ne sut interpreter leur frequence ce qui l’angoissa d’autant plus. Il resta un moment a essayer de parler au corps qui ne reagissait pas, a tourner autour du lit et a trembler. Pour finir il humidifia un torchon sale et le tamponna sur son visage, comme il l’avait vu faire a la television.

Cela sembla marcher puisque Gaspard entrouvrit les yeux, gemis et reclama a boire.

Frankie emis un soupir de soulagement et se precipita hors de la piece pour aller chercher de l’eau. Gaspard se releva et sourit. C’etait trop facile. Pendant que son tortionnaire l’avait mene jusqu’a la chambre il avait entrouvert les yeux pour chercher quelque chose qui ferait office d’arme et avait repere un petit pistolet pose sur la chaise de la chambre.

Gaspard s’en empara et sorti de la piece en esperant coincer Frankie dans la salle d’eau.

Il allait regagner le couloir quand Gaspard lui tira dans le pied. Il n’avait jamais tire sur personne et sa dexterite l’etonna. C’etait d’une facilite deconcertante et Gaspard se surprit a tirer dans l’autre pied, comme ca, juste pour appuyer sur la détente une seconde fois. Frankie s’effondra au sol et poussa un hurlement quasi animal.

Après ca tout eu tres vite fait de degenerer et Gaspard puisa au plus profond de lui une force dont il ne se serait jamais cru capable, surtout après le passage a tabac qu’il venait de subir.
Plus tard il tomberait d’epuisement mais a cet instant précis un sentiment diffus lui parcourait l’echine. Rien de noble ni de beau, juste de la colere, du mepris et une haine croissante qui le faisait frissoner. Frankie etait a terre,  gesticulant et pleurant, il insultait, mais moins fort que tout a l’heure. A present Gaspard avait le pistolet et il etait de notoriete public que ce gamin etait fou furieux. A present gaspard avait un barreau de chaise dans la main. A present Gaspard avait les plein pouvoir.

 Il aurait ete incapable de dire comment la chose etait arrivee entre ses mains mais tres vite il la vit s’abattre sur la tete de Frankie. Puis sur tout son corps. Il regarda ensuite ses pieds frapper la masse echouee sur le plancher. Des vagues d’adrenaline le submergeaient. La tete lui tournait et il voyait flou mais il continuait de cogner avec le bareau de chaise.

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 novembre 2008

Gaspard su que c’etait foutu pour tout le monde quand il se mit a sourire et meme a ricaner devant l’affligeant spectacle. Dans un moment de lucidite qui ne dura pas plus de deux secondes, il chercha en lui la peur, la culpabilite, l’effroi, n’importe quoi d’humain mais il flottait dans le neant. Cette masse sanglante ne lui inspirait rien d’autre qu’un agacement profond mêlé de degout qui lui flanquait la nausee.

Au bout d’un moment il en eut assez de frapper sur Frankie, il etait coriace, beaucoup plus que lui, et ce passage a tabac accessoirisé au bareau de chaise pouvait durer encore des heures. Que Gaspard n’avaient pas devant lui. Il devait se tirer de la le plus vite possible et rejoindre la ville. Frankie avait eu son compte et ca ne servait plus a rien de le frapper. Il devait retrouver ses esprits rapidement et oublier ce petit instant de distraction.

Mais Frankie continuait de gemir et ca commencait franchement a lui taper sur les nerfs.

Gaspard se detourna un instant et fixa le mur pour faire le vide en lui et retrouver un semblant de calme. Rien a faire, les images se bousculaient dans sa tete. Il voulait les chasser, ne rien voir, que cette grande plage vierge bordee d’eau clair. Sentir le vent dans ses cheveux, ne rien entendre d’autre que son bruissement leger. Mais il n’y arrivait pas. Il voyait son frere et son pere qui souriaient, il voyait leur maison et sa mere qui faisait le jardin. Il voyait ses anciens amis qui jouaient au ballon dans leur rue. Il pouvait  entendre leur rires, leurs cris, leurs protestations. Il sentait l’ambiance chaotique des jours de fete. Ce n’etait pas le moment. Il ne devait pas penser aux jours de fetes. Il ne devait pas penser a ce jour de fete. Il ne devait pas aller dans cette direction. Il devait empecher les images d’affluer. C’etait trop tard, c’etait toujours trop tard de toute facon. Le simple fait de se dire qu’il ne devait pas penser a ca pour le moment signifiait qu’il etait deja bien trop loin pour revenir en arriere. Les pas resonnaient dans sa tete, les eclats de verre, le fracas des tables et des chaises que l’ont jetait par terre. Le mur du baraquement de Frankie etait gris sale, avec des traines de jaunes probablement causees par l’humidite. Il faisait tellement froid ici. Les cris stridents revenaient en echos. Il haissait ces moments ou les souvenirs le paralysait. Il ne voulait rien d’autre que du blanc, un leger bruit d’eau et le vent dans ses cheveux. Mais il faisait trop froid, ce mur etait tellement sale et Frankie gemissait si fort. La mer etait loin. Le jour etait loin. Le vent etait glaciale et chariait des litres d’eau boueuse.

Il fallait qu’il arête de couiner. Absolument. Gaspard se foutait de la douleur ressentie par cette larve qui gigotait sur le sol. Il pouvait avoir tous les os du corps brises, cela ne le concernait pas, il ne voulait plus entendre un bruit de Frankie. Qu’il serre les dents, s’evanouisse ou creve s’il en avait envie. Juste qu’il la ferme et qu’il laisse Gaspard se concentrer sur ses reves de vide et chasser ces cauchemars ou des femmes et des enfants hurlaient comme des porcs qu’on menaient a l’abbatoir.

A son tour, Gaspard se mit a hurler des paroles eparses, dans sa langue maternelle, dans d’autres langues, des insultes, des choses sans queues ni tete, des ordres a Frankie pour qu’il se taise. Puis il reprit le bareau de chaise et se remit a tapper. Rien a faire pour ce soir, les images ne partiraient pas et les sanglots de Frankie ne seraient qu’une piqure de rappel. A un moment donne Gaspard saisit le pistolet et pointa Frankie. Il leva miserablement la tete, en couinant un peu, et Gaspard vit quelque chose se deformer dans son regard. Il tremblait, malgre les contusions.

 

“- Je veux t’entendre supplier. – Ricana Gaspard.-

- Je t’en supplie.

- Je veux te voir ramper.

- J’ai mal.

- Je m’en fou. Rampes ou je t’eclates la cervelle.

- Mais je…

- Rampe. – La masse fut parcouru d’un soubressau et doucement, tout doucement, commenca a se trainer dans le couloir. -

- Tu rampes pas là, tu bouges. Mieux que ca.

- J’ai mal.

- Je m’en fou je te dis. Rampe! – Frankie etouffa un sanglot et continua de ramper. Gaspard s’etait mis a rire et ne pouvait plus s’arreter, ses yeux aussi etaient brouilles de larmes et la main qui tenait l’arme tremblait si fort qu’il dut la baisser un instant. – Et supplie moi. – Il recula jusqu’a etre a quelques metres de Frankie. – je veux que tu rampes jusque moi, que tu me supplies, que tu embrasses mes pieds.

- Mais…

- Fais ce que je te dis ou je te descends. Et il est pas charge a blanc celui la. – Gaspard avait releve sa main et pointait Frankie qui tentait de se trainer jusqu’a ses pieds. Au bout de quelques longues secondes pleines de soupirs et de rales douloureux, Frankie parvint a destination et le jeune homme vit son pied s’elever jusqu’a la bouche de Frankie qui le baisa. Gaspard sentait les larmes couler le long de ses joues et sa bouche etait deformee en une espece de rictus tordu. Il voulait chasser les images, se concentrer sur autre chose, entendre le son de sa propre voix, comme une petite pointe de lumiere au milieu du brouillard. Il hurla pour rester parmis les vivants.

 

“-  Mieux que ca! Leche les! – Frankie sorti la langue et lappa les souliers.- Implore moi!

- S’il te plait. S’il te plait.

- Mieux que ca ! – Il arma le pistolet et le cliquetis de fer fit sursauter Frankie qui essaya de se lever. Gaspard lui decocha un coup de talon qui le fit trebucher. – Je veux pas te voir debout! Je veux que tu rampes, que tu m’implores et que tu baises mes pieds. Continue. – Frankie s’executa en bredouillant des supplications diffuses, jetant de temps a autres des regards effares en direction du flingue. Ce gamin qui arborait quelques heures auparavant un visage innocent avait le facies totalement deforme par  la demence et la haine.

- Je t’en supplie. Me tue pas… Laisse moi la vie sauve… Je peux faire quelque chose pour toi. Si tu me tue ils vont te…

- Pas de baratin connard. Je veux juste que tu continues a supplier. Mets y tout ce que t’as.  – Il se baissa pour se mettre a sa hauteur. Frankie loucha sur l’arme, puis sur ce regard tres clair qui le fixait. Il y voyait danser des flammes. Le canon n’etait plus qu’a quelques milimetres de son front et malgre la douleur Frankie sentit tout son etre se tendre. Il deglutit quelque chose qui avait gout de sang avant d’implorer tout ce qu’il pouvait. A travers ses larmes il evoqua une peur de la mort qui le tenait aux tripes, une existence a accomplir, il promit de devenir quelqu’un d’autre, pourvu qu’on ne le tue pas.

Il pleura, baisa les pieds encore et finit par s’uriner dessus, ce qui eu pour resultat de faire reflechir Gaspard.

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus