“- Tu me fais pitié. – Une lueur d’espoir naquit dans le regard de Frankie. La pitié, c’était bon signe. Ca rendait les gens indulgent. Question amour propre ce n’était pas ce qui se faisait de mieux, mais Frankie, dont le pantalon était trempé et dont le corps couvert d’echymoses ne diffusait plus qu’une odeur rance de maladie, s’en fichait totalement. Il n’avait qu’une certitude: Il ne voulait pas mourir. Pour mener a bien cette entreprise il aurait vendu sa famille entière sans hésitations. Et ce gamin totalement givré avait pitié de lui. Pourtant ces yeux perçant ne refletaient aucune compassion ni quoi que ce soit de rassurant, au contraire ils s’étaient fait plus dur et le rictus s’étaient agrandis, coupant maintenant son visage en deux.
- Je déteste avoir pitié des gens. Pas toi?
- …
- Quand je parle, tu me réponds.
- Oui… non… si…
- Arrête de trembler tu m’énerves. Si quoi?
- Euh… Je déteste… pitié… des gens…
- Ah tu fais moins le malin hein? Mais rassure toi je ne t’en veux pas.
- Euh… - gaspard le fixait l’air agacé, il semblait attendre quelque chose de lui. Peut être qu’il lui réponde ? – merci…
- Mais de rien. Je t’en veux pas. Je te respecte pas assez pour ça.
- S’il te plait…
- Putain tu pues. T’as les jetons a ce point? – Il le jaugea pendant un petit moment. - T’es moche quand t’as peur. Si tu te voyais t’aurais envie de gerber. Avec ta grosse figure bien enflée, toute bleue… Vas y lève toi. – Frankie tenta de se hisser sur ses bras mais il avait prit trop de coups et il pouvait à peine bouger. –
- Lèves toi!
- Je peux pas…
- C’est vrai?
- Ou…oui…
- Mais c’est pas mon problème.
- S’il te plait.
- Lèves toi sinon je te bute. – Frankie rampa jusqu’au mur pour y trouver appuis. Il y posa les mains et se dressa sur ses genoux. Gaspard se baissa et d’un léger coup de bras le fit retomber dans un cris de douleur. – Non, décidemment tu me fais trop de peine, ça vaut pas le coup.
- S’il te plait… Pitié….
- Ah tu peux le dire. Ca commencer à m’agacer d’ ailleurs. Et ce truc – De sa main libre il désigna le pistolet. – Va peut être m’aider à me calmer.
- Non… non non… non…
- Ah oui? – De son sol Frankie esquissa un mouvement qui pouvait s’apparenter à un hochement de tête. – Et pourquoi? Tiens donne moi une bonne raison de ne pas le faire.
- Je ne suis qu’un pion… C’est pas moi le…
- Mauvaise raison, ta vie ne m’intéresse absolument pas. Tu as juste l’air de quelqu’un à qui ça ferait pas de mal de mourir.
- Ca va…va… te servir à quoi?
- Mauvaise raison. Ca va me servir a rien. Mais ça va être très distrayant. Je te laisse une dernière chance. Donne moi une bonne raison de ne pas te tuer. Mais vraiment une bonne hein.
- Tu… tu es encore un gamin… et on t’a manipulé… un gamin… et … - Frankie mit un moment avant de continuer mais Gaspard ne l’interrompis pas.- et il t’es arrivé des tas de bricoles pas marrantes. Alors forcémment c’est logique… Mais tu pourrais faire marche arrière. Dire non.
- Adie est mort. C’est moi qui l’ai tué, c’est pour ça que je me suis retrouvé là. Alors avec toi en plus ou pas ça va rien changer.
- Si. Symboliquement… Tu refuses tu vois… tu veux plus alors tu dis non… - Frankie grimaça, sa machoire le lançait par vagues. – ça va rien t’apporter, ça n’arrangera rien… tu aurais pas préféré? Tu peux… encore…
- Tu me fais rigoler tu sais? – Gaspard ne riait plus du tout. Les images défilaient dans sa tête, le film tournait en boucle et en accéléré et tout finissait toujours par se reproduire, aussi douloureux et pénible que ça ait pu être. – J’ai rien demandé à personne. Je voulais pas mais je l’ai fait quand même et j’accuse pas les autres. J’aurais bien aimé que les choses se passent autrement, crois pas mon gros. – Frankie concentra ses dernières forces à discerner une pointe d’ironie dans la voix de Gaspard mais ne trouva rien de ce genre.- et y a certaines choses si elles étaient à refaire, ben je les referais pas. Et c’est trop tard maintenant. – Frankie voulu dire quelque chose mais Gaspard l’en empêcha en lui décochant un autre coup de pied dans la machoire. La masse émis un grognement douloureux avant de plonger dans un silence seulement interrompu par sa respiration saccadée. – Et me dis pas que non, tu sais que c’est faux.”
A présent il n’y avait plus de mur sales, seulement un écran sur lequel défilaient toutes les images qu’il souhaitait ne jamais voir reaparaître.
Frankie qui n’avait pas dit un mot depuis plusieurs minutes brisa le silence et les images se brisèrent net. En se tournant vers lui Gaspard sentit la colère et le dégout renaître en lui. Quand il vit que la main armée s’approchait de son visage, Frankie implora une dernière fois. Puis la détonation résonna dans toute la baraque laissant place à un silence enfummé. Il était vraiment trop tard.
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