Mercredi 27 août 2008






L'annee derniere je revais de me marier avec un informaticien ou mieux un ingenieur informaticien ou quelque chose avec le mot ingenieur dedans. Je me disais deux choses a ce sujet. La premiere c'est que ces gens la gagnant tres bien leur vie ( A cette epoque je realisais des sondages pour gagner ma croute et interrogeait pour l'occasion des charges de recrutement  cadre qui nous devoilaient les salaires de leurs employes et ces gens la avaient de tres jolies fiches de payes et plein d'avantages) je pouvais me faire entretenir a mort pendant que moi de mon cote je m'epanouissais dans ce que j'aimais : Faire du shopping, glander et des fois ecrires des conneries sur mon pc. La deuxieme c'est que ces individus la m'avaient l'air tres serieux et que par voie de fait je deviendrai la touche d'exotisme qui manquait a leur vie et qu'a leur tour ils m'apporteraient stabilite et protection.
Puis j'ai rencontre John, Perceval et surtout... Gregory... Aaaah.... Gregory. Rien que de l'ecrire j'en ai le nerf de la guerre tout palpitant... 
Depuis tout a change de facon radicale. Plus tard je ne me mettrais pas en menage avec un ennuyeux statisticien agronome (Ce metier n'existe pas, mais j'ai trouve que ca sonnait bien dans ma phrase) mais avec un medecin Americain de la Tele. 

J'ai commence par regarder scrubs, juste comme ca et il faut bien avouer que John Dorian, le jeune hero a grosse bouche n'etait pas totalement deplaisant et avais un air de jeune premier trognon ( Oui, je viens bien d'employer le terme trognon...) qui invitait a la reverie les soirs de solitude. Son mentor, Le docteur Perceval Cox -Toujours dans la serie Scrubs- etait lui une espece de hero sexy au grand coeur, cachant son ame d'ecorche vif en rebellion contre le monde entier derriere une carapace de cynisme et jetant aux visages des uns et des autres des vannes incisifs jugees (par les scenaristes, les lobbys et moi meme.) hillarantes. Vous les amateurs d'hopitaux, ca vous rappelle quelque chose? A moi aussi. Mais la ou Perceval peche ( Il a tout de meme une femme, des enfants qu'il aime et des disciples surexcites qui l'adorent)  Gregory house reussit haut la main.
La premiere fois que j'ai vraiment rencontre Gregory House - j'avais vu quelques photos dans les journeaux mais j'avais trouve que le type qui incarnait le medecin etait bien trop vieux et decati pour avoir le droit de passer a la television a l'heure de grande ecoute.- je m'en rappelle plutot bien, j'etais chez ma meme et je me delassais sur son canape en baffrant des gateaux la telecommande a la main quand je suis tombee sur ce machin scandaleux televisuel qui relate du culte de la personnalite erige autour d'un quadragenaire drogue et claudiquant.
Ce soir la, le fameux docteur etait plus ou moins defonce ce qui m'a permis de constater qu'en plus de boitiller vaillament dans les couloirs, le celebre praticien etait aussi un genre de toxico qui trimballait sa boite de cacheton partout avec lui, avec a ses trousses (Pour l'empecher de se droguer? Pour l'y encourager?)  une dizaine d'autres medecins ( ainsi que des avocats, des flics, des patients...) tous plus glamour les uns les autres  et tous plus submerges de desir pour lui les uns que les autres ( Les hommes aussi, surtout les hommes.)

Les quarantes minutes qu'ont dure l'episode (fin de la saison 3, c'est Noel, Wilson et House sont poursuivit par la police parce que House a trafique des ordonnances avec l'aval de Wilson, vous dire comme cette serie est credible...) je les ai passe a me dire " Mais c'est quoi ce truc? Mais c'est qui ce vieux?"
Vous savez comment ca se passe en general, la premiere fois qu'on le croise on ne remarque pas l'elu de son coeur, ou pire il nous laisse une tres mauvaise impression (La derniere fois que je suis tombee amoureuse, oui d'un veritable humain, la premiere chose que j'ai pensé en le voyant la premiere fois  a été  "Oh mince alors, il a pas de bol lui.")
La c'etait pareil, n'empeche mon interet etait eveille meme si il etait profondemment outre.
Finalement, j'ai recroise Gregory House de loin en loin pendant quelques mois sans y porter autre chose qu'un oeil moqueur jusqu'a ce fameux soir ou je suis retombee dessus a la television. Ce soir la l'homme d'age mur etait en manque. Il errait donc pale et eperdu dans le couloir, mais l'air super digne avec pour quiconque se trouve sur son chemin,  une bonne replique bien cinglante, magnifiquement elaboree par des dizaines de scenaristes sous amphets.



 




Je ne sais pas si vous avez remarque mais en chaque femme, et ce quelle que soit sa condition socio professionnelle ethnique, se cache une mere Theresa. (AHAH, on pensait qu'on allait juste lire un petit potin sur Hugh Laurie et nous voila embarque dans toute une histoire avec des parantheses psy un peu partout, c'est ca la vie! C'est l'aventure! On ne sait jamais de quoi la phrase d'apres sera faite! ) 

Il suffit qu'un gars se radine et nous confie l'air digne que quand il etait petit sa maman a souvent oublie de lui acheter ses chocos princes preferes et qu'une fois elle lui a meme fiche une claque devant tout le monde chez IKEA pour que notre coeur se serre. FORT. Et le mec peut etre aussi con et chiant qu'il est possible de l'etre ca ne change rien, une petite larmichette interne coule deja en dedans de notre etre tout retourne par tant de courage face a tant de maltraitance. Et proportionnellement en plus! C'est que c'est bien fait! Plus le mec va etre mechant, desagreable, con, imbu, plus la petite phrase pathos glisse l'air de rien entre deux demonstration de virilite intellectuelle va faire son effet.
Je suis sure que le jour ou Greg House a suggéré l'air un peu douloureux, mais surtout tres détaché que quand il était petit son pere etait tres mechant avec lui, toute les telespectatrices presentes se soir la ont secoue la tete l'air entendu. " Ah, c'est pour ca... Je m'en suis toujours doute, c'etait pas possible autrement."
Bref ce soir la, niveau faille personnels Gregory House etait tres en forme et mon coeur de midinette s'est serre, mais alors, serre. C'est simple je ne pouvais plus respirer. Ce qui est amusant c'est qu'au syndrome de mere Theresa, a suivi celui de l'infirmiere, cochonne... Bien evidemment. Parce que quand la faille se rebouche, revient le connard tellement intelligent, et tellement brillant. Et les connards affreusement brillants et intelligents avec un coeur au fond ben c'est sexy en diable.
Surtout a la television. J'ai tout a coup pris conscience du potentiel divin contenu dans ce métier. L'homme au grand coeur a pouvoir de vie et de morts sur tous les pèlerins qui passent et les soigne a coup de diagnostiques murmurés pieusement et de drogues aux noms évocateurs. Ce n'est plus un homme, c'est dieu sur terre, tout ça acquis en a peine 9 ans d'études. Plus fort que jésus, lui il lui a fallut 30 ans. WAW 

Depuis mon idolatrie pour le personnage clopin clopan n'a eu cesse de s'accroitre. Chaque blagues proferees par l'individu, chaque moment "clef" ou les scenaristes nous devoilent des secrets brulants, chaque scenes ou l'homme fait preuve de discernement ont augmente mon attirance factice.

Ce qui est bien quand on projette de s'accoupler avec le docteur le plus sexy PAF, c'est que docteur certes, sexy certes, mais surtout pas vrai. Et de ce fait bien pratique.
Je pense que si un jour, suite a une mauvaise chute, ou je ne sais quoi, on s'en fout de toutes facons c'est qu'un exemple, je devais me retrouver a l'hopital et que j'etais amene a me retrouver face au docteur House, avec sa verve assassine et compagnie, je me facherais juste toute rouge, je prendrais ma voix suraigue speciale moment de crise, finirais par lui fiche une tapette (Je suis bien trop petite pour y foutre une baffe) et passerais les annees suivantes a raconter a tout le monde comment le docteur que je suis allee voir il etait trop méchant avec moi.
Ceci dit, encore un point de ma théorie, je doute qu'il y ai beaucoup de Gregory House dans la réalité (Celle où quand je vais voir mon médecin - Un brave homme dégarni et bedonnant- il me demande comment se porte mon transit et mon cycle monstrueux au lieu de m'allonger fougueusement sur son divan a étrier.)
Tout simplement parce que le sus cité est bien trop intelligent pour un être humain. C'est scientifiquement impossible, au niveau actuel de notre évolution, d'avoir atteind un tel QI. Dans quelques millions d'années quand notre cerveau ressemblera a une grosse pastèque roses, et qu'on aura plus besoin des sms tellement on pourra envoyer nos ondes télépahtiques loin, alors la éventuellement, mais pour l'instant non.

Mais peu importe, au fond c'est pour ça que je les aime tellement ces petits médecins américains là, parce que trop occupé qu'ils sont à errer au pays des gens intelligents de la télé, ils viennent pas me casser les pieds. Et en ces temps de dèche sentimentale où les garçons ont une super tendance a être pénible (C'est à cause des changements climatiques, ça influe sur la nature et ça rend impuissant,Je le sais je l'ai lu) c'est un sacré plus.


Alors un homme intelligent à crever, brillant, avec le charme du diable qui gagne plein d'argent en sauvant des vies et qui en plus vient pas m'enquiquiner en me trainant dans les pattes je dis oui, oui, ouiiiii...


Par Shloe - Publié dans : Chloé contre le monde entier
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Dimanche 24 août 2008

Une de mes spécialités dans la vie -Outre glander et mettre tous les moyens du monde en oeuvre pour y arriver- c'est faire du mauvaise esprit et par voie de fait mettre des tonnes de mauvaises volontée à faire les choses qui ne m'amusent pas (c'est à dire un grand nombre de taches donc).
Par exemple je déteste faire le ménage mais quelqu'un veut me forcer à le faire quand même (des fois des gens sont très méchants avec moi...) et bien j'y met tellement de mauvaise volonté que mon tortionnaire pense que je ne suis bonne à rien et m'ordonne de rester dans le canapé et de pas bouger de là tant qu'il a pas fini de passer la serpillère "maladroite comme t'es tu vas foutre des traces partout." D'accord.
Ce qui fait qu'au final et bien je passe beaucoup de temps dans mon canapé à persifler sur des tas de truc que je n'ai même jamais testé mais qui à vue d'oeil comme ça paraissent nuls, contraignants, inintérssants, ploucs et  j'en passe. Bref  je suis version haute: complêtement dans mon monde; version basse : snob et coincée.
Mais depuis que  je suis en Hollande  j'ai pris quelques bonnes résolutions et $'ai décidé d'arrêter de diminuer le mauvais esprit.

Ce que  je fais depuis que  je suis ici:

- je danse: Je suis certes completement défoncée et ma notion de rythme reste incertaine, mais tout de meme. Et pendant des heures en plus! Le son me pénetre de toute part et se diffuse dans mon etre. Ouais je suis défoncée, je viens de vous le dire. Ceci dit je danse et je suis sure que d'ici une petite centaine d'année j'aurais meme l'air sensuel en bougeant mon corps.

- je fais la vaisselle et même que j'ai passé l'aspirateur la semaine dernière: Que tous mes colocs Parisiens pleurent d'émotion avec moi.

- je parle Anglais : Mal certes,  mais tout de même... Et j'apprend des insultes en Neerlandais.

- je fais des trucs de "fille" autre que "causer gars en buvant un cosmo" "regarder Next avec ma copine  julie en fumant des spliff" et "m'habiller en prostituée de base pour essayer d'attirer l'attention d'un poilu du voisinage" du style : faire la cuisine,  m'investir dans un lisseur de cheveux pour arrêter d'avoir l'air décoiffé (pour l'instant  je me suis contentée de l'acheter et ne l'ai pas encore sorti de sa boite : il me fait peur.)

Un soir j'ai meme préparé un diner complet et équilibré pour un male du voisinage. ( Que toutes les féministes du coin me jette la premiere pierre.)

- j'ai du succès (Suis une légende auprès des conducteurs de bus)

- je me couche tôt: A 23heures,  je suis dans ma couche.

- je me lêve tôt: A 7 heures me voila debout.

- je regarde le sport à la télé: Et même que en fait  j'aime bien.


- je parle avec des gens qui n'ont jamais entendu parler "du tube".


- Et meme que j'aime bien.

 

- Et meme qu'a cause de ca je me fais virer de mon travail.


-Tout à l'heure  j'irai ranger ma chambre.

-D'une manière générale  j'essaye de me décoincer

 

-Je prend des decisions d'adulte.

 

-Je vis l'aventure.

 



La y a des sceptiques qui se demandent en quoi ces choses ont un rapport avec les Pays Bas en général et Amsterdam en particulier. C'est à cause du Karma de la Hollande. C'est tout. Viens donc mon petit et tu verras que  j'avais raison.

Par Shloe - Publié dans : Holland, Amsterdam, lalalalala
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Dimanche 24 août 2008



Alors ma légende perso veut que je sois montée dans un tram qui volait  grace à une hélice de moulin, dont le sol était jonché du tulipe et de mimolette et dont la cheminée (et oui dans les trams il y a des cheminées. C'est comme ça.) recrachait dans l'air des vapeurs de ganja (ce qui pourrait d'une façon ou d'une autre expliquer le délire tulipes mimolettes expliqué plus haut) . La légende veut aussi que nous ayons plané jusque Amsterdam puis qu'une foule de Hollandais tous blonds et grands nous aient fait une Lahaye d'honneur (vous avez vu elle était bonne celle là.) pour nous accueillir dans leur beau pays. Ensuite tous ensemble nous avons fumé le calumet de la paix. Et j'étais devenu Hollandaise. Voila.
Bon, comme vous pouvez le soupçonner tout ne s'est pas exactement déroulé comme ça. Calumet mis à part.
Mais une légende perso a-t-elle le moindre intérêt si elle aborde des thèmes aussi rébarbatif que "ouais alors on avait rendez vous a huit heures a un point de rendez vous avec d'autres Français puis bon, une fois qu'on a tous été au point de rendez vous on est monté dans un mini van et on a démarré quoi. Y avait des bouchons sur le périph." La réponse est non.
C'est pas parce que je suis partie très loin de ma patrie (par là j'entend très loin de ma copine julie et de ma mère.) que je dois arrêter d'enjoliver ou de dramatiser les choses.
Ouh la! Qu'est ce qui lui arrive ce matin! Elle doit être droguée... Il parait que les j
eunes sont tous drogués là bas... Ca et ils vont voir les putes aussi... Si c'est pas malheureux ça ma pauvre Lucette... C'est parce qu'ils ont pas connu la guerre...
Et bien non.

Par Shloe - Publié dans : Holland, Amsterdam, lalalalala
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Jeudi 21 août 2008

Un jour, je m'en rappelle comme si c'était hier (en même temps c'était quasiment hier),  alors que j'étais sagement assise à mon bureau en train de me livrer à mon activité quotidienne favorite: M'ennuyer comme un rat mort et en profiter pour penser à comment ma vie serait belle si j'avais un boulot de bloggueuse invétérée, un mec potable, plein d'argent et des potes connus, cette chose extraordinaire est arrivée. Pas extraordinaire dans le sens génialissime mais sortant de l'ordinaire. D'où le mot.
Il faut revenir en arrière de quelques mois et évoquer rapidement (Je tiens à mes lecteurs et les endormir avec mes petites histoires n'est pas mon intention première.)  comment tout ça s'est enchainé et comment je me suis retrouvée résidente Hollandais. Ouais toi non plus t'en reviens pas et tu trépignes d'impatience d'avoir tous les détails. Mais mollo mon grand, tu sais ce qu'on dit,  c'est encore meilleur quand on a un peu attendu.
Bref quelques mois avant me voila à Paris en train de réaliser que merde, j'ai vraiment une vie de con. Quelle désillusion moi qui rêvait secrêtement de me marier à Johnny Depp, de devenir plus riche que Paris Hilton et de faire vibrer des millions de personnes avec mon travail artistique absolument génial.  Ma vie sentimentale ressemble au désert de Gobi mais en plus aride, ma banquière a engagé un tueur à gage pour se débarasser efficacement de moi et mon boulot consiste à envoyer des pauvres gens dépenser de l'argent pour se tartir au soleil (par tartir comprendre : se faire chier sévère et pas se tartir de crême soleil. C'est pas français. En français on dit se tartiner.). Bref tout un programe. Alors bon, suite à cette amère constatation, je pleure. Beaucoup. Histoire de marquer le coup. Après , je décide qu'il faut que les choses changent. , j'effectue un petit ménage et décide de voyager. Un mois ou deux en Asie pour repartir du bon pied. On en est là de mes projets délirant quand cette chose arrive donc.
Cette chose se présente sous forme d'un mail envoyé par un destinataire dont -encore aujourd'hui- je suis totalement incapable de prononcer le nom. Et le titre du courriel m'informe que ma carrière internationale commence ici. Ah ouais. OK. Voyons voir ça. A tous les coups c'est un site de cul, je le sens gros comme une maison et .. Ah non tiens. Seigneur. Ce sont des fous furieux qui me proposent un poste à Amsterdam. Damned.
Et ils m'appattent les salauds. Ni une ni deux, je répond.
La suite vous la connaissez. Ou pas. On s'en fout. Deux mois et une valise plus tard me voila à Amsterdam. La suis dans mon lit. Celui de Amsterdam. Et ouais.
Alors je vais profiter de ce blog pour conter quelques unes de mes aventures ( Et y va y en avoir un paquet.).

Par Shloe - Publié dans : Holland, Amsterdam, lalalalala
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Lundi 16 juin 2008







Snirrrfl, snurrflll, snarrfll, non ce n'est pas ma nouvelle version du célèbre conte "les trois petits cochons" , mais un reniflement dû à mon émotion intense, ils sont sept, non, ce n'est pas non plus une nouvelle version de blanche neige et les sept nains. Mais sept manuscrits à envoyer de ci de là, à qui qu'en voudra bien. Remerciements en passant à mon financier, qui a grassement financé l'imprimerie de ces petits blocs de papiers, bourrés de mots,qui s'alignent et donnent des phrases, comme ça pendant des pages et des pages (212 d'ordinateur, 410 format bouquin, rien que pour la performance, je suis fière) qui ne font rien d'autre que raconter l'histoire d'Ulysse Corvisart, 18 ans, fatalement branleur, rêveur surtout, beau comme un dieu, un peu à l'ouest, un peu concon, pas tant que ça, raconter aussi l'histoire de Corentin, nettement moins beau, nettement plus volontaire, nettement plus séducteur, un peu le poête maudit de cette histoire plutôt banale, meilleur copain, mère, grand frêre, baby sitter d'Ulysse, l'histoire de tous ceux et celles qui passeront sur leur route: Les mamans, ces êtres mi-femmes mi-monstres qui ne font qu'à crier et quémander de l'amour, Les filles, intelligentes, ou pas, sournoises, en pamoison, au naturel, Les copains, cas sociaux, ridicules, fatiguants, ivres, égocentriques, manipulateurs, Les rencontres, et puis bien sûr Paris en arrière plan, mais toujours là, fantome qui rode. Rien d'autre, oh une allusion ou deux à des soeurs ou des cousines, à quelques professeurs, mais à peine.
Je me souviens plus ou moins du début, j'étais dans le bus, tranquille et j'écoutais sinik, et là soudain je me suis dit "Tiens je vais écrire un nouveau roman (j'ai déjà écrit quelques gros trucs, mais jamais aboutis ni relus) et celui là c'est sûr que je vais le finir (J'ai souvent achevés des récits que j'avais commencés, j'en ai aussi souvent laissé tomber en cours de route) peu importe le temps que ça prendra, et ensuite j'essaierai de le publier." c'était en octobre 2005 et Here we are, oh il n'est pas en librairie et n'y sera probablement jamais, mais on va essayer et ce sera quand même pas mal d'avoir été jusque là. En attendant, un an et demi de rédaction, presque autant de retouche et de relecture pour un résultat un peu différent de ce que j'avais imaginé au début, quand j'étais encore une petite rebelle aux cheveux noirs et ras d'un côté, où les héros se déchiraient dans un premier degré total et mouraient à la fin. Au final rien de tout ça et surtout tout le contraire. Beaucoup de cynisme, de latence, d'errance, mais rien de grave, rien d'ineluctible, juste le propre de cet âge. Beaucoup de rires, de sourires aussi, beaucoup de tragédies et de drames poussés au paroxysme pour rappeler qu'au fond rien n'est jamais vraiment grave et que tout l'est pourtant tout le temps.
Alors j'entend déjà les cris d'orfraie "Oh mon dieu, l'adolescence! Mais on n'a fait que parler de ça ces dernières années, ça va devenir totalement has been, tout ce mal être, ces joints, cet alcool, c'est bon on a compris."
Alors, je ne vais pas mentir, dans les "Alanguis" tout le monde picole, fume et pas qu'un peu. Mais si vous pensez à "Hell" de Lolita Pill  (et je sais que vous y pensez) la similitude s'arrête là. Désolé, pas de drogues dures, pas de réelles dérives pour mes héros, pas mal d'espoir, pas mal d'interrogations,pas mal de latence, mais aussi des parents despotes derrières qui refusent de payer les cigarettes et qui ne font qu'à réclamer de l'amour, de l'amitié et beaucoup, beaucoup de rigolade.
Alors voilà, je vais arrêter de le relire trois fois par semaine, pour corriger encore et encore, maintenant que mes manuscrits sont prêt à partir, parce qu'obligatoirement je vais trouver une faute et me dire "Oh mon dieu tout est à refaire!!!)  Je les regarde là, ils sont beaux. Payés par ma mère, à qui j'ai eu la folie, un jour de liesse hystérique, de faire lire mon roman, et qui, plus folle encore, a décrété que son poussin était un écrivain et qu'il fallait l'investissement de la famille entière [soeur, papa, beau papa et ex beau papa compris hein...]  pour pousser le grand bébé à se lancer. Comment vouliez vous que les parents de mes héros soient du genre absents et abandonistes avec mon histoire famililale plus que chargée? Hein? Donc voilà, beau cadeau que ces sept manuscrits n'est ce pas? Belle preuve de confiance aussi, j'en ai eu de la chance. Je me rappelle que le jour où, toujours en crise de folie hystérique (je venais de me trouver un petit copain.) j'ai été déjeuner avec elle et que dans un excès de confidence, j'ai affirmé que ça y est j'avais trouvé ma vocation et que la femme m'a répondu solennelle "Tu sais Chloé, je me suis toujours attendu à ce que tu me dises ça un jour."  Après bon, forcémment ça a dégénéré, j'ai fait tourner le trucs à toute la famille, et dieu sait que je ne supporte pas que ma famille lise ce que je fais, des fois que tout le monde veuille trop s'impliquer, et aussi que tout le monde veuille violer mon espace privé.
Une page qui se tourne certes, mais faut pas croire que ça va s'arrêter pour autant. Je pense que je ne vais pas trop tarder à en écrire un nouveau.
Petite dédicace aussi à ces deux ans, à mes petits persos chéris, à leurs délires, à leurs doutes, à leurs conneries. Ca va me manquer.

J'ai déjà posté quatre extraits avant cet article, pour que tout puisse apparaître dans l'ordre de lecture et non pas dans l'ordre chronologique. Plus ici, un petit résumé, pour ceux que ça intéresse. N'hésitez d'ailleurs pas à me demander le schmilblik complet, j'ai déjà mes droits d'auteurs donc je ne suis pas paranoïaque.


Le futur du bel Ulysse Corvisart s'annonce bien morose, son meilleur pote est un tombeur mégalomane, sa sœur le déteste, sa mère est une espèce de mutante démoniaque qui lui en veut personnellement et bientôt il sera contraint de coucher avec la fille la plus riche du coin, sous prétexte qu'après elle l'invitera lui et ses potes dans son chalet à la montagne. Un soir, alors qu'il est sur le point de capituler, il rencontre Athéna, une rebelle beaucoup plus intelligente que lui. Avec une fille pareille il pourra enfin s'élever spirituellement et cesser de ressembler à tous les dégénérés qui l'entourent. Et voila Ulysse qui s'élance dans le tourbillon de l'amour et qui se prend pour un héro romantique, mais Athéna ne cesse de le faire courir et de jouer le chaud et le froid. Elle s'en va, revient, repart encore, laissant derrière elle un Ulysse éperdu, mais sublimé par le pouvoir de l'amour. Pourtant, si Ulysse a quitté le monde des vivants pour errer dans l'enfer des damnés du cœur, le monde autour de lui n'arrête pas de tourner et son entourage continue de se montrer particulièrement bruyant et futile. Ses pauvres congénères ne peuvent pas le comprendre, ils ne savent pas ce que c'est que d'aimer.

Un soir c'est le drame, la sombre Athéna menace de se suicider et Ulysse réalise que l'intelligence et l'attitude Rebelle a ses limites. C'est la fin de cette belle histoire tragique.

Quelques mois plus tard on retrouve Ulysse en compagnie de son meilleur ami qui a cessé de courir partout et ne se concentre plus que sur une seule fille, inondant de niaiserie tout le quartier. Ulysse suit sagement la tendance et décide à son tour de prendre femme. L'heureuse élue est blonde et belle comme le jour. Il semble bien loin le temps des passions dramatiques, mais, par hasard lors d'une soirée, il retombe sur Athéna. Tout se réveille et Ulysse sent le héros rock'n'roll renaître en lui.


Et une petite pensée émue à tous les mâles que j'ai eu l'occasion de croiser depuis 2004 (période à laquelle j'ai commencé à mettre le nez dehors.)




Par Shloe - Publié dans : Extrait du roman de Chloé (c'est moi chloé...)
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