Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 10:13

Gaspard su que c’etait foutu pour tout le monde quand il se mit a sourire et meme a ricaner devant l’affligeant spectacle. Dans un moment de lucidite qui ne dura pas plus de deux secondes, il chercha en lui la peur, la culpabilite, l’effroi, n’importe quoi d’humain mais il flottait dans le neant. Cette masse sanglante ne lui inspirait rien d’autre qu’un agacement profond mêlé de degout qui lui flanquait la nausee.

Au bout d’un moment il en eut assez de frapper sur Frankie, il etait coriace, beaucoup plus que lui, et ce passage a tabac accessoirisé au bareau de chaise pouvait durer encore des heures. Que Gaspard n’avaient pas devant lui. Il devait se tirer de la le plus vite possible et rejoindre la ville. Frankie avait eu son compte et ca ne servait plus a rien de le frapper. Il devait retrouver ses esprits rapidement et oublier ce petit instant de distraction.

Mais Frankie continuait de gemir et ca commencait franchement a lui taper sur les nerfs.

Gaspard se detourna un instant et fixa le mur pour faire le vide en lui et retrouver un semblant de calme. Rien a faire, les images se bousculaient dans sa tete. Il voulait les chasser, ne rien voir, que cette grande plage vierge bordee d’eau clair. Sentir le vent dans ses cheveux, ne rien entendre d’autre que son bruissement leger. Mais il n’y arrivait pas. Il voyait son frere et son pere qui souriaient, il voyait leur maison et sa mere qui faisait le jardin. Il voyait ses anciens amis qui jouaient au ballon dans leur rue. Il pouvait  entendre leur rires, leurs cris, leurs protestations. Il sentait l’ambiance chaotique des jours de fete. Ce n’etait pas le moment. Il ne devait pas penser aux jours de fetes. Il ne devait pas penser a ce jour de fete. Il ne devait pas aller dans cette direction. Il devait empecher les images d’affluer. C’etait trop tard, c’etait toujours trop tard de toute facon. Le simple fait de se dire qu’il ne devait pas penser a ca pour le moment signifiait qu’il etait deja bien trop loin pour revenir en arriere. Les pas resonnaient dans sa tete, les eclats de verre, le fracas des tables et des chaises que l’ont jetait par terre. Le mur du baraquement de Frankie etait gris sale, avec des traines de jaunes probablement causees par l’humidite. Il faisait tellement froid ici. Les cris stridents revenaient en echos. Il haissait ces moments ou les souvenirs le paralysait. Il ne voulait rien d’autre que du blanc, un leger bruit d’eau et le vent dans ses cheveux. Mais il faisait trop froid, ce mur etait tellement sale et Frankie gemissait si fort. La mer etait loin. Le jour etait loin. Le vent etait glaciale et chariait des litres d’eau boueuse.

Il fallait qu’il arête de couiner. Absolument. Gaspard se foutait de la douleur ressentie par cette larve qui gigotait sur le sol. Il pouvait avoir tous les os du corps brises, cela ne le concernait pas, il ne voulait plus entendre un bruit de Frankie. Qu’il serre les dents, s’evanouisse ou creve s’il en avait envie. Juste qu’il la ferme et qu’il laisse Gaspard se concentrer sur ses reves de vide et chasser ces cauchemars ou des femmes et des enfants hurlaient comme des porcs qu’on menaient a l’abbatoir.

A son tour, Gaspard se mit a hurler des paroles eparses, dans sa langue maternelle, dans d’autres langues, des insultes, des choses sans queues ni tete, des ordres a Frankie pour qu’il se taise. Puis il reprit le bareau de chaise et se remit a tapper. Rien a faire pour ce soir, les images ne partiraient pas et les sanglots de Frankie ne seraient qu’une piqure de rappel. A un moment donne Gaspard saisit le pistolet et pointa Frankie. Il leva miserablement la tete, en couinant un peu, et Gaspard vit quelque chose se deformer dans son regard. Il tremblait, malgre les contusions.

 

“- Je veux t’entendre supplier. – Ricana Gaspard.-

- Je t’en supplie.

- Je veux te voir ramper.

- J’ai mal.

- Je m’en fou. Rampes ou je t’eclates la cervelle.

- Mais je…

- Rampe. – La masse fut parcouru d’un soubressau et doucement, tout doucement, commenca a se trainer dans le couloir. -

- Tu rampes pas là, tu bouges. Mieux que ca.

- J’ai mal.

- Je m’en fou je te dis. Rampe! – Frankie etouffa un sanglot et continua de ramper. Gaspard s’etait mis a rire et ne pouvait plus s’arreter, ses yeux aussi etaient brouilles de larmes et la main qui tenait l’arme tremblait si fort qu’il dut la baisser un instant. – Et supplie moi. – Il recula jusqu’a etre a quelques metres de Frankie. – je veux que tu rampes jusque moi, que tu me supplies, que tu embrasses mes pieds.

- Mais…

- Fais ce que je te dis ou je te descends. Et il est pas charge a blanc celui la. – Gaspard avait releve sa main et pointait Frankie qui tentait de se trainer jusqu’a ses pieds. Au bout de quelques longues secondes pleines de soupirs et de rales douloureux, Frankie parvint a destination et le jeune homme vit son pied s’elever jusqu’a la bouche de Frankie qui le baisa. Gaspard sentait les larmes couler le long de ses joues et sa bouche etait deformee en une espece de rictus tordu. Il voulait chasser les images, se concentrer sur autre chose, entendre le son de sa propre voix, comme une petite pointe de lumiere au milieu du brouillard. Il hurla pour rester parmis les vivants.

 

“-  Mieux que ca! Leche les! – Frankie sorti la langue et lappa les souliers.- Implore moi!

- S’il te plait. S’il te plait.

- Mieux que ca ! – Il arma le pistolet et le cliquetis de fer fit sursauter Frankie qui essaya de se lever. Gaspard lui decocha un coup de talon qui le fit trebucher. – Je veux pas te voir debout! Je veux que tu rampes, que tu m’implores et que tu baises mes pieds. Continue. – Frankie s’executa en bredouillant des supplications diffuses, jetant de temps a autres des regards effares en direction du flingue. Ce gamin qui arborait quelques heures auparavant un visage innocent avait le facies totalement deforme par  la demence et la haine.

- Je t’en supplie. Me tue pas… Laisse moi la vie sauve… Je peux faire quelque chose pour toi. Si tu me tue ils vont te…

- Pas de baratin connard. Je veux juste que tu continues a supplier. Mets y tout ce que t’as.  – Il se baissa pour se mettre a sa hauteur. Frankie loucha sur l’arme, puis sur ce regard tres clair qui le fixait. Il y voyait danser des flammes. Le canon n’etait plus qu’a quelques milimetres de son front et malgre la douleur Frankie sentit tout son etre se tendre. Il deglutit quelque chose qui avait gout de sang avant d’implorer tout ce qu’il pouvait. A travers ses larmes il evoqua une peur de la mort qui le tenait aux tripes, une existence a accomplir, il promit de devenir quelqu’un d’autre, pourvu qu’on ne le tue pas.

Il pleura, baisa les pieds encore et finit par s’uriner dessus, ce qui eu pour resultat de faire reflechir Gaspard.

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
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Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /Nov /2008 09:21

“- Tu me fais pitié. – Une lueur d’espoir naquit dans le regard de Frankie. La pitié, c’était bon signe. Ca rendait les gens indulgent. Question amour propre ce n’était pas ce qui se faisait de mieux, mais Frankie, dont le pantalon était trempé et dont le corps couvert d’echymoses ne diffusait plus qu’une odeur rance de maladie, s’en fichait totalement. Il n’avait qu’une certitude: Il ne voulait pas mourir. Pour mener a bien cette entreprise il aurait vendu sa famille entière sans hésitations. Et ce gamin totalement givré avait pitié de lui. Pourtant ces yeux perçant ne refletaient aucune compassion ni quoi que ce soit de rassurant, au contraire ils s’étaient fait plus dur et le rictus s’étaient agrandis, coupant maintenant son visage en deux.

- Je déteste avoir pitié des gens. Pas toi?

- …

- Quand je parle, tu me réponds.

- Oui… non… si…

- Arrête de trembler tu m’énerves. Si quoi?

- Euh… Je déteste… pitié… des gens…

- Ah tu fais moins le malin hein? Mais rassure toi je ne t’en veux pas.

- Euh… - gaspard le fixait l’air agacé, il semblait attendre quelque chose de lui. Peut être qu’il lui réponde ? – merci…

- Mais de rien. Je t’en veux pas. Je te respecte pas assez pour ça.

- S’il te plait…

-  Putain tu pues. T’as les jetons a ce point? – Il le jaugea pendant un petit moment. - T’es moche quand t’as peur. Si tu te voyais t’aurais envie de gerber. Avec ta grosse figure bien enflée, toute bleue… Vas y lève toi. – Frankie tenta de se hisser sur ses bras mais il avait prit trop de coups et il pouvait à peine bouger. –

- Lèves toi!

- Je peux pas…

- C’est vrai?

 - Ou…oui…

- Mais c’est pas mon problème.

- S’il te plait.

- Lèves toi sinon je te bute. – Frankie rampa jusqu’au mur pour y trouver appuis. Il y posa les mains et se dressa sur ses genoux. Gaspard se baissa et d’un léger coup de bras le fit retomber dans un cris de douleur. – Non, décidemment tu me fais trop de peine, ça vaut pas le coup.

- S’il te plait… Pitié….

- Ah tu peux le dire. Ca commencer à m’agacer d’ ailleurs. Et ce truc – De sa main libre il désigna le pistolet. – Va peut être m’aider à me calmer.

- Non… non non… non…

- Ah oui? – De son sol Frankie esquissa un mouvement qui pouvait s’apparenter à un hochement de tête. – Et pourquoi? Tiens donne moi une bonne raison de ne pas le faire.

- Je ne suis qu’un pion… C’est pas moi le…

- Mauvaise raison, ta vie ne m’intéresse absolument pas. Tu as juste l’air de quelqu’un à qui ça ferait pas de mal de mourir.

- Ca va…va… te servir à quoi?

- Mauvaise raison. Ca va me servir a rien. Mais ça va être très distrayant. Je te laisse une dernière chance. Donne moi une bonne raison de ne pas te tuer. Mais vraiment une bonne hein.

- Tu… tu es encore un gamin… et on t’a manipulé… un gamin… et … - Frankie mit un moment avant de continuer mais Gaspard ne l’interrompis pas.- et il t’es arrivé des tas de bricoles pas marrantes. Alors forcémment c’est logique… Mais tu pourrais faire marche arrière. Dire non.

- Adie est mort. C’est moi qui l’ai tué, c’est pour ça que je me suis retrouvé là. Alors avec toi en plus ou pas ça va rien changer.

- Si. Symboliquement… Tu refuses tu vois… tu veux plus alors tu dis non… - Frankie grimaça, sa machoire le lançait par vagues. – ça va rien t’apporter, ça n’arrangera rien… tu aurais pas préféré? Tu peux… encore…

- Tu me fais rigoler tu sais? – Gaspard ne riait plus du tout. Les images défilaient dans sa tête, le film tournait en boucle et en accéléré et tout finissait toujours par se reproduire, aussi douloureux et pénible que ça ait pu être. – J’ai rien demandé à personne. Je voulais pas mais je l’ai fait quand même et j’accuse pas les autres. J’aurais bien aimé que les choses se passent autrement, crois pas mon gros. – Frankie concentra ses dernières forces à discerner une pointe d’ironie dans la voix de Gaspard mais ne trouva rien de ce genre.- et y a certaines choses si elles étaient à refaire, ben je les referais pas. Et c’est trop tard maintenant. – Frankie voulu dire quelque chose mais Gaspard l’en empêcha en lui décochant un autre coup de pied dans la machoire. La masse émis un grognement douloureux avant de plonger dans un silence seulement interrompu par sa respiration saccadée. – Et me dis pas que non, tu sais que c’est faux.”

 

A présent il n’y avait plus de mur sales, seulement un écran sur lequel défilaient toutes les images qu’il souhaitait ne jamais voir reaparaître.

Frankie qui n’avait pas dit un mot depuis plusieurs minutes brisa le silence et les images se brisèrent net. En se tournant vers lui Gaspard sentit la colère et le dégout renaître en lui. Quand il vit que la main armée s’approchait de son visage, Frankie implora une dernière fois. Puis la détonation résonna dans toute la baraque laissant place à un silence enfummé. Il était vraiment trop tard.

 

Par Shloe - Publié dans : viens pleurer avec moi...
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 23:26

C'est ce que disent des tas de gens. Et aussi qu'on va être aspiré par un trou noir.

Très heureuse d'avoir trouvé comment on mettait des vidéos voici un classique de circonstance:

 

Par Shloe - Publié dans : je m'ennuie je fais quoi?
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 17:34
Alors j'ai décidé de faire des journées vidéos thématique.Pour la première session et  comme mon blog fait l'apologie du kitch quoi de plus naturel que trois versions toutes très différentes de la chanson "tes états d'ame éric? Le reste... Oh le reste... Ca se passe de commentaire.


L'original:


 


La dance:



L'inexplicable:



Autre chanson même registre:


L'erreur de parcour :













Par Shloe - Publié dans : je m'ennuie je fais quoi?
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Mardi 9 septembre 2008 2 09 /09 /Sep /2008 23:48

Oui, soyez chics. Laissez moi des commentaires. N'importe quoi, un mot, une chanson... Mais s'il vous plait.



Sinon un petit site sur la Hollande.

link<< Ici pour en apprendre un peu plus sur ce beau Pays qu'est la Hollande (comme ça après vous me ferez un topo parce que perso j'ai bien trop à faire avec la gestion de ma vie sociale pour me préoccuper d'un truc aussi superficiel que la géographie et la sociologie de mon nouveau pays d'accueil. Tout ce que je sais c'est que je ne sais rien. Et aussi que la place est très réputée pour ses moulins et tulipes. Les seuls moulins que j'ai eu l'occasion de croiser avaient écris "Coffee Shop" ou "Steack House" sur la facade.

link<< Ici et bien c'est pour les jeunes. je l'ai été moi aussi et je sais ce que c'est.   
   
Par Shloe - Publié dans : Holland, Amsterdam, lalalalala
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