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C'est ton tour mon gars!!!

C'est où que c'est t'y?

Quel jour qu'on est a ton avis

Novembre 2009
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Rocky Horror picture show

Lundi 5 janvier 2009

Pour bien débuter l'année dans la joie et la bonne humeur voici une petite nouvelle que je viens d'écrire.
Je la poste dans le sens inverse pour qu'elle apparaise dans l'ordre de consultation du blog.
Bonne lecture.

 

 

 

La nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre dans toute la ville.

Ils étaient revenus.

Trois mois qu’ils s’étaient tiré sans rien dire, probablement sur un coup de tête.

Le soir ils étaient encore la et au matin… envolés.

Ils étaient sept au départ. La rumeur sourde voulait qu’ils ne soient plus que trois, et les familles de ceux qui n’étaient pas rentrés attendaient, en suspension.

A un moment, plus tard dans la soirée, Solange irait probablement frapper a leur porte et leur dirait ce qu’il en était. A moins que ce ne soit Artemis qui s’en charge, ou Nikita.

Ça n’était pas pressé.

Pour personne.

Ni pour eux qui rentrait a peine et ne réclamait que le calme et peut être même l’oubli – On saurait quand ils raconteraient.- ni pour les familles, les copines et les amis de ceux qui n’étaient pas rentrés, qui avaient attendu 3 mois et pouvaient bien attendre encore.  

Surtout pour s’entendre dire ce qu’il n’avait certainement pas envie d’entendre.

Nikita était arrivé chez lui. La piaule était vide, les autres étaient dehors et il n’avait pas l’intention de partir a leur recherche. Ils rentreraient quand ils rentreraient.

Personne ne lui avait vraiment manqué et lui aussi pouvait attendre avant de les revoir.

Il savait déjà leurs regards curieux, qui le scruterait jusqu’a ce qu’il parle. Ils n’auraient même pas vraiment envie d’entendre mais ils demanderaient quand même et il faudrait qu’il trouve quelque chose a dire.

Il s’assoupit un moment et il sursauta en entendant grincer la porte du taudis. Son frère le fixait maintenant sans rien dire, l’expression neutre presque vide.

“- Salut, grogna Adam, alors t’es rentré a ce qui parait?

- Ben comme tu vois.

- Alors tu reviens…

- Ouais.

- Pourquoi?

- Parce que la bas c’était bien mais ici c’est encore…

- Mieux?

- Ouais…

- Arrête ton char.

- Marco, Joris, Axel et Romain ne sont pas rentrés.

- Ils ont toujours été vachement téméraires, aventuriers tu vois…Toi t’as jamais été tres courageux comme mec… T’as besoin d’avoir tes reperes.

- Ouais.

- N’empêche, j’aurais préféré que tu rentres pas.

- Je sais.”

Adam soupira un peu, et alluma la television sans plus prêter attention a Nikita qui se rendormit sur son gros fauteuil défoncé.

Il ressentait une certaine sympathie pour Adam et il était satisfait de le retrouver comme il l’avait laissé, totalement mutique et désintéressé.

Peut être qu’il pourraient reprendre les choses la ou ils les avaient laissé? Faire comme si Solange n’avait pas eu cette idée folle furieuse un soir de Novembre? Que cette dégringolade absurde n’avait ensuite pas eu lieu?

C’était la meilleure solution.

Apres tout il n’avait s’agit que de trois mois, ridicules de petitesse, vides et sans intérêt pour tous les autres. Alors pourquoi pas pour eux aussi?

Ces mois auraient pu n’avoir pas cours, ça n’aurait rien changé : Aucun d’eux n’était revenu plus intelligent, plus mature ou plus beau.

Tout ce que leur avait apporté leur expedition c’était la certitude qu’il n’y avait pas la moindre issue potable. Nul part.  

Ils auraient pu vivre tres bien sans cette certitude. Beaucoup mieux même.

 

Plus tard la mere et le pere étaient rentrés a leur tour et avaient réveillé Nikita.

Son pere avait murmuré que, lui aussi, il aurait préféré qu’il ne rentre pas. Et le jeune homme avait encore une fois cité le nom de ses copains qui étaient restés la bas. Le pere avait eu un genre de regard douloureux avant de réitérer sur le courage de ceux qui s’accrochent.

La mere se contenta de dire que c’était bien qu’il soit la. Vivant. Nikita frissona a l’évocation de ce mot. Vivant. Parce que d’une ça ne voulait plus rien dire pour lui, et aussi parce que sa mere était la seule a garder ce raisonnement pragmatique.

Dans leur récit et dans les interrogations des autres, la question de la vie et de la mort ne se poserait pas. Jamais. On parlerait de départ, de retour, d’ailleurs et on soupirerait sans jamais approfondir.

La mere attrapa quelque chose dans le placard, le versa dans une casserole qu’elle mit a chauffer et installa son monde autour de la table.

La soeur était chez des amis, il aurait bien le temps de la voir plus tard.

Elle remplit quatre assiette puis fixa Nikita avant d’ouvrir la bouche.

Elle n’avait pas envie de savoir mais elle allait demander quand même.

Il aurait été incapable de donner un sens a cet acharnement, qu’est ce que ça pouvait bien foutre puisqu’il était la ce soir, assis a cette même table miserable qu’il y a trois mois a bouffer cette même bouffe dégueulasse? Le temps s’était figé et d’ici peu reprendraient les mêmes conversations inutiles, les mêmes prises de becs sans fin et les mêmes considerations foireuses sur le climat qui de toute façon ne changerait pas.

Alors a quoi servait d’ouvrir cette paranthese absurde qui allait tous les plomber?

Nikita se prépara a répondre en souriant sereinement – c’est ce qui fut le plus difficile a faire, mais il était bon comédien- en espérant que ce soir, avec leurs familles respectives, les deux autres souriraient pareil et lacheraient les mêmes phrases laconiques.

“- Alors Nikita ou étais tu passé ?

- Tu t’es fait du souci?

- Toujours un peu. Mais nous savons ton pere et moi que jeunesse doit faire son chemin, elle jeta un regard au pere qui hocha docilement la tête.beaucoup de jeunes gens ont besoin de faire leur chemin tu sais.

- Oui.

- Tu n’as pas eu trop froid ?

- Un peu. Pas trop.

- Et tu as bien mangé au moins? Tu es un peu maigre.

- J’ai toujours été maigre… je crois.

- Oui c’est vrai mon garcon, elle rit, elle avait l’air ailleurs. Quelque part ou rien n’avait vraiment de prise sur elle. Nikita envia son ailleurs, mais j’espere tout de même qu’on t’a bien nourri.

- Il n’y a pas eu de problemes de nourriture, t’inquiete pas.

- Oh, je suis rassuree. Et alors? Vous etes alles ou? Vous avez vu quoi? Adam regardait par la fenetre et pour le connaitre Nikita savait qu’il était completement défoncé . Encore plus ce soir que les autres soirs. Nikita avait décidemment vraiment beaucoup de sympathie pour son frère, ce n’était pas lui qui aurait posé ces questions. A présent le frangin lorgnait la fenetre et s’imaginait volant au dessus des nuages, quelque part tres haut. Qu’aurait il fait d’un récit pareil en plein milieu du ciel? Ça aurait été trop lourd pour lui et il serait retombé par terre aussi sec. La mere, elle, continuait de scruter Nikita en souriant sereinement. Le pere mastiquait en silence et dans ses yeux dansait le vide.

- Nous sommes allés... Assez loin. Il y avait des forêts.

- Oh des forêts! Ah oui! Ça ressemble un peu a l’amas d’arbre qui se trouve sur la route qui va a Hoera?

- Ouais. Sauf que c’est plus grand. Mais ouais, tu as l’idée maman.

- Et il y a des gens dans ces forêts?

- Quelques uns.

- Oh. Et ils sont bien éduqués au moins?

- Aussi bien que nous.

- Et tes amis, ils sont restés la bas?

- Ouais.

- Ah, ils ont aimés les forêts n’est ce pas?

- Ouais.

- C’est a dire que ce doit être si joli. Tu n’as jamais trop aimé les arbres toi, mais certaines personnes les aiment. Moi par exemple je les aime beaucoup et je regrette qu’il n’y en ait pas plus par chez nous.

- C’est joli les arbres ! Déclara soudainement le pere. Hein Adam que c’est joli un arbre?

- Ouais les arbres c’est joli. Murmura Adam qui volait maintenant tellement haut qu’il n’était plus qu’une petite tache sombre s’absorbant dans l’horizon.

- Et alors tes amis veulent rester la bas c’est ça?

- Ouais, ils vont rester la bas.

- Et tu sais, repris le pere a l’attention de sa femme, quand j’était gamin une fois je crois que j’ai vu un chêne. C’est ce que nous avait dit l’instituteur, je m’en rappelerais toute ma vie. C’était un gros truc, avec un tronc énorme. Et des feuilles! Tu aurais adore ça ! La mere sourit.

- Des chênes. Demanda la mere. Tu connais cet arbre Nikita? Tu en as vu?

- Peut être bien que oui. J’ai vu des tas d’arbres différents mais je ne connais pas leur nom, peut être qu’il y avait des chênes.

- Sur les chênes il y a des glands qui poussent. Avant on s’en servait pour nourrir les porcs. Ces bestiaux la adorent manger des glands, récita le pere.

- Je ne sais pas ce que c’est qu'un gland papa. Mais j’ai vu des trucs sur des arbres. Des fois c’est des fruits, mais pas comme ceux qu’on a ici. Des fois c’est des genre de trucs ronds mais en bois, avec des petits petals, toujours en bois.

- Oh c’est intéressant. Tu sais comment on appelle ça Max?

- Non. Répondit le pere.

- En tous cas c’est formidable que Nikita ait pu voir tout ça. Hein mon Niki? Tu es plus erudit que beaucoup de jeunes de ton age.

- Ça va changer quoi?  Nikita regretta immédiatement d’avoir dit ça, et surtout sur ce ton. Il s’efforça de sourire plus fort.

- Et bien mon garçon, c’est important de savoir des choses. Et c’est a ça que servent les voyages! A apprendre ces choses! Nikita réprima un ricanement et se leva.

- Je dois y aller, je vais retrouver mes amis et leur apprendre des tas de trucs sur ces machins en bois qui poussent sur les arbres. De son ailleurs, sa mere ne perçut pas la moindre trace d’ironie.

- Oh oui mon chéri. Je suis sure qu’ils seront sciés par tout ce que tu sais maintenant!”

 

Par Shloé - Publié dans : viens pleurer avec moi... - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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