Aujourd'hui je suis en couple.
Au départ l'article devait être construit de la façon suivante: Dans un premier temps j'introduisais la situation d'un ton distant, un peu moqueur, un peu marrant, je racontais des histoires de poilus bruyants mais attachants qui trainent dans vos pattes et vous ronflent dans les oreilles alors que vous voulez dormir. J'aurais forcé le trait, il se serait mis ici à ronfler pour de vrai, à faire encore plus de bruit et de mouvements, pour que ce soit plus amusant. J'aurais mis en scènes la rencontre, je t'aurais fait le coup de la fille blasée qui n'avait rien demandé à personne et qui acceptait bravement la situation par pur altruisme.
Dans un second temps je t'aurais tenu une liste non exhaustive de toutes les choses que j'ai constaté depuis que j'en suis. Je serais restée distante, objective, pragmatique, j'aurais trouvé d'habiles formules pour te décrire la situation, j'aurais suivi la mode de la description amoureuse humoristique, permettant de faire ricaner les filles en couple et soulager celles qui ne le sont pas. Ca aurait été quelque chose ma liste! Ah ouais, je te le dis... Mais j'y arrive pas. J'ai tourné l'introduction dans tous les sens, j'ai essayé d'évoquer la rencontre sans rentrer dans les détails afin de préserver l'anonymat du mec qui a eu la folie de me désigner comme partenaire officielle, j'ai fait deux trois blagues qui sont tombées à plat, j'ai essayé de décrire rapidement le sentiment actuel, mais rien à faire, je bloque. Je ne sais pas quoi dire, mes phrases sonnent creux, mes mots s'enchainent et sont pourtant vide de sens, ils ne dégagent ni couleur ni reflet, ce ne sont que des lettres ennuyeuses à assembler. Je sêche, je reste la bouche ouverte et rien ne sors. Les mots ne viennent jamais facilement quand il s'agit de parler de ça, je relate des faits, le reste je ne sais pas quoi dire. Ce n'est pourtant pas une douleur paralysante qui me coupe la parole, ni même le bonheur brulant. Je croyais simplement que lorsque la chose se produirait pour moi des milliers de colombes s'envoleraient dans le ciel, les anges joueraient de la trompette devant ma porte et le soleil ne quitterait plus jamais le ciel. Je pensais pouvoir me servir de ça pour écrire des tas de choses droles, bouillantes, et en fait il n'y a rien à dire, rien à raconter qui pourrait sonner juste... Dans un futur pas si lointain je recommencerai à te parler de l'intolérable solitude, de l'ennui récurant, de la loose perpétuelle, mais en fait d'article je vais simplement te poster la chanson d'ou est tiré cette phrase:
" On n'écrit pas qu'on ne manque de rien, qu'on est heureux que tout va bien."