Aujourd'hui j'apprend la survie en milieu hostile.

Publié le par Shloe

"l'enfer c'est les autres" : Cette petite phrases de Jean Paul Sartre recèle une vérité oh combien générale.
Si vous êtes de ces gens qui sont chez eux partout, qui vivent en meute, qui savent exactement ce qu'il faut faire face à autruie, et qui en plus le font bien, passez votre chemin.
Moi je suis un peu autiste, c'est pas écrit dans mon carnet de santé, et c'est bien dommage, parce que sinon je l'aurais toujours avec moi et le brandirais dès que quelqu'un ferait une blague que je ne comprendrais pas. Ca arrive. Souvent. Au lieu de ça, puisque je n'ai, de toutes façons, pas de carnet de santé, je me contente de rire nerveusement. Ca me donne l'air idiot, en plus je suis très rouge et mes yeux reflètent une terreur sans nom.
Le truc extrèmement paradoxale, c'est que, par contre, avec moi je m'entends super bien. Je suis toujours d'accord avec moi, on a les mêmes opinions, et si dès fois on s'engueule un peu, on finit toujours par se réconcilier.
Et puis qu'est ce qu'on se marre... Je sais pas pourquoi je me trouve si drôle, c'est peut être une histoire d'éducation et de culture commune... Je ne sais pas, mais quand je me fais une blague, moi je la trouve toujours drôle.
Les autres non.
A vue d'oeil, comme ça, la solution à mon autisme vicieux semble simple, il suffirait que je vive en ermite reculé dans une grotte, seule avec moi même et que je jouisse d'une sérénité extrèmement harmonieuse jusqu'à la fin de mes jours.
Sauf que je rencontre deux trois petits soucis pratiques pour mettre mon plan d'aspiration solitaire à exécution.
Premièrement j'habite à Paris, et bon, je sais que Paris c'est une ville hétéroclite, mais on aura beau chercher partout, on ne trouvera pas de grotte.
Deuxièmement un ermite qui ne porte pas la barbe longue et blanche n'est pas un ermite, et j'ai beau me concentrer fort, ça pousse pas. Il y a peut être un rapport avec ma voix aigue et mes hanches larges, mais j'aime mieux pas penser à tous ces détails tellement terres à terres alors que mon crédo c'est la spiritualité. A fond.
Troisièmement (et c'est là, finalement, où ça coince le plus, parce qu'au fond avec un peu de débrouille je peux facilement résoudre les deux premiers problèmes: je n'ai qu'à déménager dans le larzac et m'acheter un postiche et hop, c'est réglé) j'aime bien les gens et si je vivais toute seule, à force d'être toujours d'accord sur tout, en parfait accord, je me ferais royalement chier.
Alors j'ai passée mes années d'inadaptée à fomenter d'audacieux stratagèmes me permettant de survivre.
Petit tour d'horizon.

1) Au travail mon chef, ou un collègue influent fait ce que je crois être une blague (c'est à dire que tout le monde rit en se tapant les cuisses, de vrais larmes dégoulinent sur leurs sourires réjouis.) sauf que moi j'ai beau tourner le calembourg dans tous les sens, je ne vois vraiment pas ce qu'il y à de drôle là dessous.

Qu'est ce que je fais?

-Je fais semblant de rire (je pense à quelque chose de très drôle.).

-Je fais semblant d'entendre mon téléphone sonner, c'est urgent je dois décrocher.

2) La c'est encore pire, le chef s'adresse à moi. Personnellement. Il a du me trouver sympathique tout à l'heure, quand il a fait une autre bonne plaisanterie, et que simultanément je me suis mise à rigoler, sauf que moi je repensais à hier quand machin il m'a dit que... Bon c'est le drame, le voila qui s'approche toute bonne vanne potache dehors. Je n'ai plus qu'une envie, fuir en courant tellement ça pue la proximité forcée. Beurk, je vais vomir.

Qu'est ce que je fais?

-Je souris d'un air entendu.

- Effectivement, je lui vomis sur les pieds. Il ne m'en voudra pas de n'avoir pas ris, pensant que je suis malade. Ou pire enceinte. Et bonus ne m'approchera plus des fois que ce soit contagieux. Je peux aussi faire semblant d'esquisser un sourire avant d'être prise d'une mauvaise quinte de toux. Effet contagieux bis. Me voila tranquille. Ne pas hésiter à tousser régulièrement. Effet tuberculeux. La tuberculose, vaut mieux pas s'en approcher, sinon on passe sa vie au sanataurium. Et ça le patron le sait. Marche aussi avec tous les nuisibles.

3) Ma collègue vient de me taper une crise d'hystérie et m'annonce solenellement qu'elle ne veut plus jamais me parler. Tout ça parce qu'apparemment j'aurais, peut être, éventuellement, osé une petite réflexion sur sa personne. Il est possible, c'est hypothétique, que je n'ai pas réussi à contenir mon agacement. Enfin bref c'est le drame.

Qu'est ce que je fais?

-Je ne me surestime pas et n'oublie pas que dès que j'ouvre la bouche en temps de conflit, une petite tension entre quartier prend l'ampleur de guerre mondiale. Donc je ne pense pas une seule seconde que je pourrais dire un truc intelligent pour désamorcer la bombe. Je me contente de dire d'accord quand la femelle furieuse me crache qu'entre elle et moi c'est fini.

-Je ne me justifie que si le jeu en vaut la chandelle. Si, moi si calme, si douce, si gentille ai réussi à être blessante c'est que vraiment bob (bob c'est mon inconscient, c'est comme ça qu'on a décidé de l'appeler avec ma psy) n'en pouvait plus et que finalement ça va peut être pas être si dur que ça de ne plus devoir se taper toutes les bêtises divulguées par l'ennemie. SI le jeu en vaut la chandelle, je m'excuse. Mais avant ça je prend une bonne nuit de sommeil, histoire d'être en forme. Parce que s'excuser c'est fatigant.

4) Dans l'ascenseur, quelqu'un qui n'est pas moi, est visiblement phobique du silence. Alors il parle. Manque de bol je suis aussi dans l'ascenseur. Personellement j'ai pas besoin de m'entendre annoncer qu'il pleut beaucoup pour un printemps et qu'avant c'était pas comme ça. Mais qu'il parait que vendredi il fera chaud. Comme l'indiquent mes cheveux trempés, j'étais dehors aussi et, merci j'ai pas pensé à prendre mon pébroque ce matin, alors t'inquiète la flotte je l'ai bien sentie. Quand à la météo future, je suis maintenant une adulte (moi aussi ça me rend folle d'écrire ça, mais que veux tu...) qui comme tous les jeunes adultes de son age n'attend qu'une chose, pouvoir se mettre en jupette, culotte à l'air pour appater le velu. Donc j'ai l'option prévision météo qui s'affiche dès que j'allume google, c'est high tech, c'est cool, et en plus j'ai qu'à lire. Y a pas besoin de se taper le bruit avec. Suivez mon regard. Non l'autre ne suit pas mon regard, il continue de parler en matant le plafond.

Qu'est ce que je fais?

- Je joue à un jeu qui s'appelle "chiche que je ne m'exprime qu'en onomatopées." une fois que je suis rodée à ce jeu, je passe au niveau au dessus "chiche que je ne m'exprime qu'avec des hochements de têtes." , puis je m'attaque au "chiche que je ne m'exprime qu'en grognements." Une fois tous ces levels franchis, j'ai chopé la totale confiance, et je me contente de faire comme si le nuisible n'était pas là et je me tourne vers le mur sans lui adresser la parole. Si je veux, je chantonne avec mon mp3. Cependant, en sortant de la cabine de l'enfer, je targue l'intru d'un joyeux "bonne journée monsieur." Ca sème la confusion. C'est aventureux. Le quidam dans l'ascenseur a vécu un moment paradoxale intense. Il est excité. Sa vie est intéressante. Il m'est reconnaissant. Grace à moi son existence banale de pluie et de beau temps est elle aussi passée au niveau au dessus.



5) Je te jure j'adorerai lui parler à ce mec, je suis sûre qu'on aurait plein de trucs à se dire, il a l'air si cool. Alors je suis une adulte (deux fois que je la case celle là, trop fort) et j'y vais. Je le salue et lui sort un truc trop subtile, spirituel et drôle à la fois. Sauf que je met le complément en début de phrase et le sujet après le verbe donc il ne comprend rien et se contente de me lorgner de travers l'air suspicieux. Je tente de me souvenir de ce film Américain ou le héro magnifique est attendri par l'héroïne gaffeuse. Je ne me souviens plus du titre et de toutes façons je ne suis pas américaine, juste ridicule.

Qu'est ce que je fais?

- Ben si justement je suis Américaine. Hein quoi? Qu'est ce qu'elle raconte encore? Et bien oui, maintenant je ne suis plus gaffeuse, juste américaine, d'où ma difficulté à m'exprimer dans un français correcte. D'où l'adorable petit accent. Et si je ne sais pas faire l'accent Américain? Parce que tu crois sincèrement qu'un mâle Français lambda le connait lui? Non, il croit ce qu'on lui dit.


6) Je suis au Salon du livre, et comme tout écrivain en devenir qui se respecte (je me la suis pété un maximum ce soir, je le concède.) je décide d'aller honorer mes ainés. Et plus particulièrement l'auteur qui m'a donné la foie quand j'avais quatorze piges. Pour vous dire la pression. Je le vois, j'ai très chaud, mes mains sont trempées, baissez le chauffage s'il vous plait. J'y crois pas, c'est ouf. J'ai envie de lui dire des trucs niais, mais je me dis que je me ferai plus remarquer (j'ai une regrettable tendance à vouloir me faire  remarquer, je ne sais pas d'où ça vient, si un jour j'ai le temps j'interrogerai bob à ce sujet.) si je suis nonchalante. Effectivement je suis nonchalante, un peu trop d'ailleurs. Et là je ne peux pas feindre les origines exotiques pour justifier mon comportement étrange vu que je lui présente trois volumes écrit dans la langue de molière en tirant la gueule.
Malheureusement je ne peux pas non plus m'empêcher de parler donc forcément ça dégénère et l'homme de lettres me croit folle. Je le sais c'est lui qui me le dit. (marche en présence de n'importe quelle personalité.)
Et encore l'écrivain ne m'attire pas. Je n'ose même pas imaginer ce qui se passerait si un jour je rencontrais le Docteur House.

Qu'est ce que je fais?

- Déjà, si par chance je lis cette article avant la rencontre funeste, je me rapelle qu'il faut que j'arrête de me surestimer. J'ai une nette tendance à me la péter et ça me déssert. Ca ne sert à rien d'imaginer toutes les choses intelligentes que je pourrais dire, puisque devant public l'effet ne sera pas le même.

- Trop tard Gregory est là devant moi (Gregory c'est le prénom du docteur House. Parce que oui, il existe, bien sûr.) et bon, admettons, il est bilingue et il a tout bien compris ce que j'ai dit. Enfin non justement il n'a rien compris, parceque ce que je disais était totalement incompréhensible enfin bref... J'ai l'air stupide. Et bien le seul moyen de m'en sortir (et surtout de sauver mon amour propre, parce que finalement lui il s'en fout, il en voit tous les jours des admirateurs malades mentaux) c'est d'en rajouter une couche (J'aime pas les médecins d'ha...ha...ha...bitude.) d'assumer à mort (j'ai toujours bégayé) pour, enfin, rajouter une dernière couche d'autodérision. (et ça s'empire quand je croise quelqu'un qui m'impressionne... C'est mon ame de midinette... ahahah)


7) La ça rigole plus. Je suis amoureuse. Je veux dire d'un vrai humain. Pas d'un héro de série télévision. Ah oui forcémment, tout de suite, c'est plus intéressant. Faut dire que ça m'arrive rarement. Mais bon là quand je le regarde je le trouve beau comme un camion, son visage est harmonieux, sa voie me rend physiquement impotente et son odeur. N'en parlons pas. Je l'ai photographié nu à son insu et je montre le cliché à ma meilleure amie avant de délirer pendant des heures. Quand je le vois, c'est encore mieux. Je n'ai plus seize ans, le rêve et le fantasmes ne m'intéressent plus. Il faut que je le vois, tout de suite, s'il te plait. Quand je suis avec lui je suis tellement bien, je l'aime, quand il n'est pas là, je l'aime aussi, enfin je crois parce que quand il n'est pas là, mon cerveau est en berne et je dors, du moins j'essaye.
Sauf que tout ça, je vous le raconte à vous, mais certainement pas à lui, j'ai mon amour propre et j'aimerai autant pas qu'il me prenne pour une pauvre fille désespérée, hystérique et dépendante. 
Alors je ne lui dis je t'aime que quand il a le dos tourné et en silence, mon cerveau hurle des paroles de lara Fabian à ses épaules, je suis sûre qu'elles comprennent.
Je veux lui faire un compliment: je lui dis qu'il a l'air homosexuel.
Je m'émeus devant son corps nu: je lui dis qu'il est moche.
Je trouve que ce qu'il raconte c'est trop intéressant: je me moque de lui. Je suis sûre qu'il comprend que mon attitude un peu dure et moqueuse n'est qu'une adorable pudeur derrière laquelle je dissimule mes sentiments. Non il ne comprend pas et il me traite encore de garce cruelle deux ans après.

Qu'est ce que je dois faire?

- Surtout je ne lui explique pas que je l'aime alors qu'il est déjà prêt à partir en courant parce que je lui ai dit que je trouvais que son pull lui allait bien. Si ça se trouve, le fait que j'émette un avis positif à son égard signifie que je m'attache. Ca ne lui plait pas du tout.

- Je m'autorise deux bonnes vannes par heures. Pas plus. Le reste du temps je l'écoute parler, c'est toujours du temps que je ne passe pas à faire des conneries. Par exemple tenter d'entamer une conversation pour savoir ce qu'il pense  de moi et si lui aussi il est intimement persuadé que nous deux on est âmes soeurs et qu'un jour on fondera une famille.

8) Misère, me voila bouc émissaire. Lui il ne m'aime pas, en tout cas c'est clair qu'il aime bien rire de moi.
Quelle ordure ce type, il mange à tous les rateliers en plus. Je me lève, une vanne, je m'assied, une autre vanne, je parle rebelotte, je me tais et ça repars. L'enfer et la damnation. En plus il m'impressionne et quand il se moque la seule chose que je sais dire c'est "toi même" ou "c'est celui qui dit qui y est." bref, tout un poème.

Qu'est ce que je fais?

- Rien. Je me casse et je m'arrange pour ne plus croiser l'individu. C'est pas parceque je suis autiste que je dois supporter les crétins (Je suis fière, j'ai mis 21 à comprendre ça.)


9) La je viens de faire un bide. Sauf que moi je trouve pas. Alors je ris, sous le regard affligé de mon public, qui comme de par hasard était venu nombreux ce jour là. Quelqu'un ose dire qu'il ne voit pas où je veux en venir, un autre se moque et le dernier dit en rigolant "Ah t'es vraiment timbrée!". Alors voilà, je suis timbrée, et pas drôle.

Qu'est ce que je fais?

-Je fais de l'autodérision et met en valeur mon côté déjanté de fille qui fais des blagues qui ne font rire qu'elle.

- J'insulte mes interlocuteurs. Comme ça ils se fachent, font la gueule et s'en vont. Je suis enfin tranquille pour me marrer à mon aise à propos de ma blague, ensuite j'appelle ma meilleure amie pour lui faire partager ma trouvaille. Il est 18 heures, elle  est encore au boulot alors qu'elle a commencé à 10h ce matin et elle à cran, donc elle rit à n'importe quoi. Je suis contente, je savais que ma blague sur le zoophile, le nécrophile et le masochiste était bien bonne, c'est pas ma faute si de nos jours les gens n'ont plus d'humour.

10) Je suis avec une connaissances qui soudain, veut absolument me montrer une vidéo qui va me faire rire. C'est un mec bourré qui tombe dans les orties. Typiquement le genre de chose qui ne me fait pas rire. Pas du tout. Alors j'angoisse, je veux bien me faire voir, et tant qu'à faire ne pas passer sur la fille lugubre qui ne sourit jamais.

Qu'est ce que je fais?

- Je fais semblant de me bidonner, et je repère un détail sur lequel je m'appuie à la fin, quand il s'agit de donner mon impression sur la vidéo "Franchement, t'as raison, le coup de la crotte de chien, c'était fort." puis je pose une question pour faire diversion. "C'est pas un montage?" enfin, j'abrège rapidement en proposant de montrer, à mon tour, une autre vidéo, qui, cette fois me fait rire.


11) Je suis plutôt tranquille assise ici, il n'est pas impossible que je m'ennui mais dans l'ensemble je me complais paisiblement dans une ambiance contemplative, en pleine introspection personnelle. Là débarque l'ami qui veut me présenter quelqu'un. Je soupçonne mon gentil camarade de faire surtout ça pour que je vois à quel point il est entouré, sociable et donc cool par le fait, mais je suis polie et me contente de dire bonjour gentiment. Juste bonjour, en effet le nouveau venu me fait autant d'effet qu'un... rien du tout... Voila je sens l'indifférence totale s'emparer de mon âme, sauf que si mon ami est reparti batifoler je ne sais où, celui qui m'a été introduit est lui, toujours devant moi, et n'a visiblement pas l'air prêt de bouger. Je n'ose pas le planter là alors qu'il me sourit, toutes dents dehors (très effrayant le coup des dents.) et le voila qui se sent obligé d'entamer une conversation hasardeuse. Je ne sais pas quoi dire à mon interlocuteur sinon que sa coupe de cheveux est à pleurer, mais ça j'évite, je suis bien élevée donc je bafouille des banalités et je m'enfonce.

Qu'est ce que je fais?

- Je lui demande comment il a rencontré notre connaissance commune. Le nuisible raconte, il rajoute quelques détails, je le relance sur un mot ou deux (C'est facile, il suffit de répéter la dernière partie de la phrase prononcée par l'autre, et d'y ajouter un point d'interrogation. Exemple pratique : "Je l'ai rencontré à la gym. - A la gym? - Oui on fait de la gym ensemble depuis deux ans. - Deux ans? - Oui je sais ça fait long. ) Il est content, il peut parler de lui sans honte puisque je le questionne. Pendant qu'il déblatère je m'évade mentalement, et, par exemple je m'imagine ce que je ferai avec le grand brun ténébreux qui est accoudé au comptoir à l'autre bout du bar. C'est dommage parce que lui par contre ne m'a pas été présenté.

- Au bout de cinq minutes de conversation, j'ai envie d'aller au toilette, je m'exprime sur ce point et prend congé. L'autre comprend et ne demande pas de détails (normalement, sinon c'est un enfant de primaire et on a le droit de l'engueuler). Je m'éloigne en clamant d'un air joyeux : "Eh bien! A tout à l'heure!" puis je vais me cacher dans le placard ou, si je suis très en forme, je m'attaque au beau brun ténébreux accoudé au bar.


Ce soir c'est la fête. Je veux dire, c'est VRAIMENT la fête, pas une de ces petites soirées  ou chacun vit sa vie et fait ce qu'il à a faire, totalement autonome. Ca j'aime bien. Non là c'est l'enfer, les gens sont en liesse et, ultime cauchemar, tous liés ensemble par le démon de la danse. Sauf que moi je ne danse pas, c'est à dire que j'adorerai, mais j'évite de pratiquer en publique car je respecte mes congénères. Mes copines me sortent des trucs "Mais on s'en fout, l'important c'est de s'amuser." alors j'oscille vaguement du chef, histoire de marquer le rythme. Et puis soudain tout dégénère: Un morceau de musique de folie passe et les gens commencent à taper dans leurs mains. Tous. Je sens venir la crise d'angoisse, personellement les démonstrations de joie collective ça m'a toujours mis mal à l'aise. 
Et ça n'est pas fini, quelqu'un me prend par les épaules pour m'entrainer dans une chenille. Je vais mourir, je le sens, mais malheureusement ça ne sera pas rapide et sans douleur, avant d'y passer je vais agoniser longtemps, longtemps...

Qu'est ce que je fais?

- Je bois. Beaucoup, et je ne parle pas d'eau. Si je ne suis pas ivre, ça veut dire que je n'ai pas bu assez, alors je continue. Je vois de travers? Je ris et j'aime beaucoup les gens? Je me lance à corps perdu dans le petit train? C'est bon!  Demain le réveil sera hardcore, et je ne pourrais probablement pas quitter le lit de la journée, mais peu importe, pour ce soir, je suis sauvée.

- Je repère le poète dark maudit de la soirée. Il y en a toujours un, c'est le mec plutôt beau quoi que très maniéré qui se tient prêt de la fenêtre, la clope au bec et l'air salement emprunté. Lui non plus ne danse pas, il a des choses autrement plus importantes à faire, comme penser à la triste destinée du genre humain. Je me glisse discrètement à ses côtés, mais je ne lui adresse pas la parole, je fais comme si j'étais arrivé là par hasard. Au bout de dix minutes je fais mine de m'appercevoir de sa présence et lance une petite vanne cynique. Le poète dark maudit adore le cynisme et il répond. On rit, on a l'air complice, on s'exhile dans la chambre à coucher. J'ai fait d'une pierre deux coups.

C'est l'horreur. Vraiment. Ce n'est plus atroce depuis longtemps, là on est carrément dans l'intolérable. C'est l'heure de la pause et j'arrive à m'échaper. Enfin c'est ce que je crois. En fait mes collègues sont déjà en bas de l'immeuble et ils m'attendent car aujourd'hui ils ont décidé que toute l'équive devait aller au restaurant. Je prétend que je n'ai pas d'argent, on me propose gracieusement de m'avancer. Je ne peux rien faire. Je ressemble à un animal traqué, la détresse se lit dans mes yeux. Je suis très snob en ce moment et je sens que je ne vais pas supporter le récapitulatif du programme télévision de la veille. Je ne sais pas quoi dire, ça s'éternise, mes collègues ne boivent pas d'alcool alors il n'y a même pas de vin.

Qu'est ce que je fais?

- Là, à part serrer les dents et attendre que ça passe, je ne vois pas.
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M
vu le retour à l'accueil ça a l'air d'aller mieux<br /> quoique je n'ai pas lu l'histoire de ta vie de couple!<br /> <br /> rigolo et tu n'es pas toute seule! moi non plus d'ailleurs! et bee j'y croyais plus depuis si longtemps!
Répondre
S
<br /> le dernier article sur le couple finit par<br /> <br /> "On n'écrit pas qu'on ne manque de rien qu'on est heureux que tout va bien"Alors oui, je crois que tout va bien.<br /> C'est cool de se trouver non pas un copain, mais un copain qui tue sa race. Bonne chance!<br /> <br /> <br />