Les alanguis, pourquoi? Comment? Mais quoi à la fin?

Snirrrfl, snurrflll, snarrfll, non ce n'est pas ma nouvelle version du célèbre conte "les trois petits cochons" , mais un reniflement dû à mon émotion intense, ils sont sept, non, ce n'est pas non plus une nouvelle version de blanche neige et les sept nains. Mais sept manuscrits à envoyer de ci de là, à qui qu'en voudra bien. Remerciements en passant à mon financier, qui a grassement financé l'imprimerie de ces petits blocs de papiers, bourrés de mots,qui s'alignent et donnent des phrases, comme ça pendant des pages et des pages (212 d'ordinateur, 410 format bouquin, rien que pour la performance, je suis fière) qui ne font rien d'autre que raconter l'histoire d'Ulysse Corvisart, 18 ans, fatalement branleur, rêveur surtout, beau comme un dieu, un peu à l'ouest, un peu concon, pas tant que ça, raconter aussi l'histoire de Corentin, nettement moins beau, nettement plus volontaire, nettement plus séducteur, un peu le poête maudit de cette histoire plutôt banale, meilleur copain, mère, grand frêre, baby sitter d'Ulysse, l'histoire de tous ceux et celles qui passeront sur leur route: Les mamans, ces êtres mi-femmes mi-monstres qui ne font qu'à crier et quémander de l'amour, Les filles, intelligentes, ou pas, sournoises, en pamoison, au naturel, Les copains, cas sociaux, ridicules, fatiguants, ivres, égocentriques, manipulateurs, Les rencontres, et puis bien sûr Paris en arrière plan, mais toujours là, fantome qui rode. Rien d'autre, oh une allusion ou deux à des soeurs ou des cousines, à quelques professeurs, mais à peine.
Je me souviens plus ou moins du début, j'étais dans le bus, tranquille et j'écoutais sinik, et là soudain je me suis dit "Tiens je vais écrire un nouveau roman (j'ai déjà écrit quelques gros trucs, mais jamais aboutis ni relus) et celui là c'est sûr que je vais le finir (J'ai souvent achevés des récits que j'avais commencés, j'en ai aussi souvent laissé tomber en cours de route) peu importe le temps que ça prendra, et ensuite j'essaierai de le publier." c'était en octobre 2005 et Here we are, oh il n'est pas en librairie et n'y sera probablement jamais, mais on va essayer et ce sera quand même pas mal d'avoir été jusque là. En attendant, un an et demi de rédaction, presque autant de retouche et de relecture pour un résultat un peu différent de ce que j'avais imaginé au début, quand j'étais encore une petite rebelle aux cheveux noirs et ras d'un côté, où les héros se déchiraient dans un premier degré total et mouraient à la fin. Au final rien de tout ça et surtout tout le contraire. Beaucoup de cynisme, de latence, d'errance, mais rien de grave, rien d'ineluctible, juste le propre de cet âge. Beaucoup de rires, de sourires aussi, beaucoup de tragédies et de drames poussés au paroxysme pour rappeler qu'au fond rien n'est jamais vraiment grave et que tout l'est pourtant tout le temps.
Alors j'entend déjà les cris d'orfraie "Oh mon dieu, l'adolescence! Mais on n'a fait que parler de ça ces dernières années, ça va devenir totalement has been, tout ce mal être, ces joints, cet alcool, c'est bon on a compris."
Alors, je ne vais pas mentir, dans les "Alanguis" tout le monde picole, fume et pas qu'un peu. Mais si vous pensez à "Hell" de Lolita Pill (et je sais que vous y pensez) la similitude s'arrête là. Désolé, pas de drogues dures, pas de réelles dérives pour mes héros, pas mal d'espoir, pas mal d'interrogations,pas mal de latence, mais aussi des parents despotes derrières qui refusent de payer les cigarettes et qui ne font qu'à réclamer de l'amour, de l'amitié et beaucoup, beaucoup de rigolade.
Alors voilà, je vais arrêter de le relire trois fois par semaine, pour corriger encore et encore, maintenant que mes manuscrits sont prêt à partir, parce qu'obligatoirement je vais trouver une faute et me dire "Oh mon dieu tout est à refaire!!!) Je les regarde là, ils sont beaux. Payés par ma mère, à qui j'ai eu la folie, un jour de liesse hystérique, de faire lire mon roman, et qui, plus folle encore, a décrété que son poussin était un écrivain et qu'il fallait l'investissement de la famille entière [soeur, papa, beau papa et ex beau papa compris hein...] pour pousser le grand bébé à se lancer. Comment vouliez vous que les parents de mes héros soient du genre absents et abandonistes avec mon histoire famililale plus que chargée? Hein? Donc voilà, beau cadeau que ces sept manuscrits n'est ce pas? Belle preuve de confiance aussi, j'en ai eu de la chance. Je me rappelle que le jour où, toujours en crise de folie hystérique (je venais de me trouver un petit copain.) j'ai été déjeuner avec elle et que dans un excès de confidence, j'ai affirmé que ça y est j'avais trouvé ma vocation et que la femme m'a répondu solennelle "Tu sais Chloé, je me suis toujours attendu à ce que tu me dises ça un jour." Après bon, forcémment ça a dégénéré, j'ai fait tourner le trucs à toute la famille, et dieu sait que je ne supporte pas que ma famille lise ce que je fais, des fois que tout le monde veuille trop s'impliquer, et aussi que tout le monde veuille violer mon espace privé.
Une page qui se tourne certes, mais faut pas croire que ça va s'arrêter pour autant. Je pense que je ne vais pas trop tarder à en écrire un nouveau.
Petite dédicace aussi à ces deux ans, à mes petits persos chéris, à leurs délires, à leurs doutes, à leurs conneries. Ca va me manquer.
J'ai déjà posté quatre extraits avant cet article, pour que tout puisse apparaître dans l'ordre de lecture et non pas dans l'ordre chronologique. Plus ici, un petit résumé, pour ceux que ça intéresse. N'hésitez d'ailleurs pas à me demander le schmilblik complet, j'ai déjà mes droits d'auteurs donc je ne suis pas paranoïaque.
Le futur du bel Ulysse Corvisart s'annonce bien morose, son meilleur pote est un tombeur mégalomane, sa sœur le déteste, sa mère est une espèce de mutante démoniaque qui lui en veut personnellement et bientôt il sera contraint de coucher avec la fille la plus riche du coin, sous prétexte qu'après elle l'invitera lui et ses potes dans son chalet à la montagne. Un soir, alors qu'il est sur le point de capituler, il rencontre Athéna, une rebelle beaucoup plus intelligente que lui. Avec une fille pareille il pourra enfin s'élever spirituellement et cesser de ressembler à tous les dégénérés qui l'entourent. Et voila Ulysse qui s'élance dans le tourbillon de l'amour et qui se prend pour un héro romantique, mais Athéna ne cesse de le faire courir et de jouer le chaud et le froid. Elle s'en va, revient, repart encore, laissant derrière elle un Ulysse éperdu, mais sublimé par le pouvoir de l'amour. Pourtant, si Ulysse a quitté le monde des vivants pour errer dans l'enfer des damnés du cœur, le monde autour de lui n'arrête pas de tourner et son entourage continue de se montrer particulièrement bruyant et futile. Ses pauvres congénères ne peuvent pas le comprendre, ils ne savent pas ce que c'est que d'aimer.
Un soir c'est le drame, la sombre Athéna menace de se suicider et Ulysse réalise que l'intelligence et l'attitude Rebelle a ses limites. C'est la fin de cette belle histoire tragique.
Quelques mois plus tard on retrouve Ulysse en compagnie de son meilleur ami qui a cessé de courir partout et ne se concentre plus que sur une seule fille, inondant de niaiserie tout le quartier. Ulysse suit sagement la tendance et décide à son tour de prendre femme. L'heureuse élue est blonde et belle comme le jour. Il semble bien loin le temps des passions dramatiques, mais, par hasard lors d'une soirée, il retombe sur Athéna. Tout se réveille et Ulysse sent le héros rock'n'roll renaître en lui.Et une petite pensée émue à tous les mâles que j'ai eu l'occasion de croiser depuis 2004 (période à laquelle j'ai commencé à mettre le nez dehors.)